Home SantéPourquoi certains patients atteints de pneumonie finissent par avoir des complications cardiaques

Pourquoi certains patients atteints de pneumonie finissent par avoir des complications cardiaques

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une équipe de chercheurs américains a identifié une enzyme bactérienne produite par le pneumocoque qui pourrait expliquer pourquoi certaines pneumonies s’accompagnent de complications cardiaques graves, ouvrant la voie à de futurs traitements préventifs.

  • Près d’un patient sur cinq hospitalisé pour une pneumonie à pneumocoque développe des problèmes cardiaques potentiellement mortels.
  • L’enzyme ZmpB, produite par la bactérie Streptococcus pneumoniae, favoriserait la propagation de l’infection au cœur.
  • Les patients ayant survécu à une forme invasive de pneumonie à pneumocoque présentent un risque accru d’événements cardiovasculaires ultérieurs.

Jusqu’à présent, la recherche sur la pneumonie s’est principalement concentrée sur les atteintes pulmonaires. Cependant, une équipe de spécialistes en microbiologie et en maladies cardiovasculaires des universités du Maryland et de l’Alabama (États-Unis) s’est interrogée sur les raisons pour lesquelles certains patients développent des complications cardiaques suite à une infection pulmonaire, tandis que d’autres non.

Les statistiques sont alarmantes : environ 20 % des patients hospitalisés pour une pneumonie à pneumocoque, une inflammation aiguë des poumons causée par la bactérie Streptococcus pneumoniae (communément appelée pneumocoque), souffrent également de problèmes cardiaques potentiellement mortels. Dans près d’un tiers des cas, l’infection se propage au-delà des poumons et affecte d’autres organes vitaux, dont le cœur. Cette propagation peut entraîner des complications graves telles qu’une insuffisance cardiaque, des troubles du rythme cardiaque (arythmies) ou même un infarctus du myocarde.

Les conséquences à long terme sont également préoccupantes. Les patients qui ont survécu à une forme invasive de pneumonie à pneumocoque sont quatre fois plus susceptibles de subir un nouvel événement cardiovasculaire dangereux dans les années qui suivent l’infection, comparés à ceux qui n’ont pas développé cette forme sévère.

Les conclusions de l’étude, publiées dans la revue Cell Reports, mettent en évidence le rôle d’une enzyme bactérienne spécifique, baptisée ZmpB. Selon les chercheurs, cette enzyme favoriserait la dissémination du pneumocoque jusqu’au cœur, où elle provoquerait de micro-lésions susceptibles d’affecter le fonctionnement de cet organe vital. Cette découverte pourrait constituer un point de départ essentiel pour le développement de nouveaux traitements visant à prévenir ces complications cardiovasculaires.

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