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pourquoi c’est dangereux en cas d’urgence

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Les séries télévisées et les films pourraient induire en erreur sur les techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP), en présentant des méthodes dépassées qui pourraient compromettre l’efficacité des secours en cas d’urgence.

  • Les compressions thoraciques seules sont désormais la méthode de RCP recommandée, plus rapide et plus simple que les techniques incluant la ventilation artificielle.
  • Une étude révèle que moins de 30 % des scènes de RCP dans les séries américaines illustrent correctement les gestes à effectuer.
  • Les représentations télévisées sont souvent biaisées : les arrêts cardiaques sont plus fréquemment montrés chez les jeunes hommes, alors qu’ils surviennent majoritairement chez les personnes âgées et à domicile.

Alors que l’image d’un héros se penchant pour pratiquer un bouche-à-bouche est ancrée dans l’imaginaire collectif, les experts mettent en garde contre la diffusion de techniques de réanimation dépassées par le biais des médias. Selon des chercheurs de l’Université de Pittsburgh, ces représentations erronées pourraient dissuader les témoins d’intervenir ou les inciter à adopter des gestes inefficaces lors d’une crise cardiaque.

Depuis une quinzaine d’années, les recommandations officielles privilégient les compressions thoraciques continues – appuyer fermement et rapidement au centre de la poitrine – comme méthode de réanimation la plus simple et la plus efficace. Cette technique permet d’assurer une circulation sanguine minimale vers les organes vitaux, sans nécessiter de formation approfondie en ventilation artificielle.

« Lors de mon travail de bénévole pour enseigner aux jeunes comment réanimer à Pittsburgh, je constate qu’il y a beaucoup de confusion. Nous demandons aux étudiants : quelle est la première chose que vous faites ? Ils répondent : vérifier le pouls. Mais nous ne le faisons plus avec la RCP à distance. »

Beth Hoffman, chercheuse à Pitt Public Health

L’étude de l’Université de Pittsburgh a analysé 169 épisodes de séries télévisées américaines diffusées depuis 2008, montrant des scènes de RCP. Les résultats sont alarmants : moins de 30 % des épisodes décrivaient correctement la procédure actuelle. Près de la moitié des séries continuaient de montrer des méthodes obsolètes, comme le bouche-à-bouche et la vérification du pouls.

Les biais de représentation sont également notables. Les séries télévisées présentent une proportion disproportionnée de victimes jeunes (44 % entre 21 et 40 ans), alors que l’âge moyen des personnes victimes d’un arrêt cardiaque est de 62 ans. De plus, les scènes de réanimation se déroulent majoritairement en public (80 % des cas), alors que dans la réalité, plus de 80 % des arrêts cardiaques surviennent à domicile.

« Cela peut conduire à une image déformée auprès du grand public. Si les téléspectateurs pensent que les arrêts cardiaques ne se produisent qu’en public ou chez les jeunes, ils ne verront peut-être pas la formation en RCP comme pertinente dans leur propre vie. Mais la plupart des arrêts cardiaques se produisent à la maison et la personne que vous sauvez est probablement quelqu’un que vous aimez. »

Ore Fawole, chercheur principal

L’étude souligne également un autre biais : les victimes de RCP à l’écran sont plus souvent des hommes blancs. Les femmes et les personnes noires sont moins susceptibles d’être réanimées par des témoins dans les séries télévisées, ce qui pourrait refléter ou renforcer des inégalités dans l’accès aux soins.

Les chercheurs appellent les producteurs de télévision à se renseigner sur les protocoles de réanimation actuels afin de garantir des représentations plus réalistes et de sensibiliser le public aux bonnes pratiques.

Réanimation aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, environ 1,7 million de personnes sont atteintes de maladies cardiovasculaires, selon les chiffres de la Fondation du Cœur. Chaque jour, 106 personnes en moyenne décèdent de ces maladies, un nombre équivalent d’hommes et de femmes. Un Néerlandais sur cinq meurt finalement d’une maladie cardiovasculaire. Environ 17 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année en dehors des hôpitaux. Environ 70 % des victimes sont des hommes, et l’âge moyen est de 67 ans. Dans environ 70 % des cas, la réanimation a lieu à domicile ou à proximité. Cela représente un total de 8 000 à 10 000 réanimations par an, avec un taux de survie moyen de 23 %. Dans près de 80 % des cas, des passants interviennent avant l’arrivée de l’ambulance.

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