Le débat sur l’identité nationale s’intensifie en Suède à l’approche des élections, avec des propositions controversées visant à définir les « valeurs suédoises » et à restreindre certaines pratiques culturelles.
Le Parti modéré envisage de faire des « valeurs suédoises » un pilier de sa campagne électorale de l’année prochaine. Le ministre suédois des Migrations, Johan Forssell, a déclaré que, face à des opinions divergentes, « ce devraient être les valeurs que nous avons en Suède et notre point de vue qui devraient dicter le résultat », selon l’agence de presse TT.
Une proposition soumise au congrès du parti ce week-end vise à modifier la législation anti-discrimination afin de permettre aux hommes qui refusent de serrer la main à des femmes pour des raisons religieuses de ne pas être sanctionnés. Cette initiative intervient une semaine après qu’Ebba Busch, dirigeante des Démocrates-chrétiens, a exprimé son souhait de voir la burqa et le niqab, ces voiles islamiques recouvrant entièrement le visage, interdits sur le territoire suédois.
« Il faut pouvoir se reconnaître mutuellement dans l’espace public, que ce soit dans la rue, au supermarché Ica ou en emmenant les enfants au centre de santé. Je ne veux pas croiser quelqu’un dont le visage est complètement dissimulé », a-t-elle affirmé.
Ces propositions suscitent des interrogations quant à leur pertinence et à leur impact sur l’intégration. Un observateur basé à Malmö, où la population d’origine étrangère représente environ la moitié des habitants, souligne qu’il est rare d’observer des femmes portant la burqa ou le niqab dans cette ville. Il s’interroge sur l’opportunité de créer un sentiment d’exclusion chez les 800 000 personnes d’origine musulmane en Suède pour des questions liées à des pratiques marginales.
L’auteur estime également que l’interdiction de certaines pratiques ne constitue pas une méthode efficace pour promouvoir les valeurs suédoises. Il rappelle qu’il y a longtemps eu un consensus selon lequel la Suède ne possédait pas de valeurs ou de culture spécifiques, ce qui a freiné les efforts d’intégration. Il préconise plutôt des actions éducatives et la mise en valeur du patrimoine culturel suédois, comme le « canon suédois », pour encourager les nouveaux arrivants à découvrir la culture locale.
Par ailleurs, le gouvernement suédois envisage de nouvelles mesures concernant les permis de séjour de longue durée (LTR) européens. Les personnes bénéficiant d’un LTR pourraient se voir révoquer leur résidence permanente en vertu de nouvelles règles. L’Office des migrations a récemment publié des statistiques détaillant le nombre de personnes concernées par cette mesure.
De plus, l’Agence des migrations a revu à la baisse ses prévisions concernant le nombre de dossiers de naturalisation qu’elle pourra traiter d’ici à 2025, prévoyant désormais de n’en traiter que la moitié du nombre initialement prévu, suite à l’annonce de contrôles de sécurité renforcés en janvier.
Enfin, un citoyen sud-africain britannique, Roy Bowden, a été contraint de quitter la Suède en raison des conséquences du Brexit et de la menace d’une interdiction de séjour dans l’espace Schengen.
Dans des nouvelles plus positives, le maire de Götene, Johan Månsson, a vu son initiative de vendre des terrains à un prix symbolique (1 couronne suédoise) devenir virale grâce à un article du journal The Local, ce qui lui a valu une interview sur CNN et un intérêt médiatique international. Il a qualifié cette expérience de « conte de fées ».
L’arrivée de Graham Potter en tant que sélectionneur de l’équipe nationale de football de Suède a également fait parler d’elle, notamment en raison de son discours de remerciement en suédois, jugé étonnamment correct par des experts linguistiques.
Une enquête récente menée auprès des lecteurs a révélé que la majorité des Suédois se considèrent comme ouverts d’esprit en matière de sexualité, bien que peut-être moins que ne le pensent les personnes venant d’autres pays.
Des conseils pratiques ont également été publiés concernant les activités gratuites proposées pendant les vacances d’automne (Höstlov) en Suède, ainsi que sur les certifications linguistiques les plus reconnues pour attester de son niveau de suédois (Tisus, Swedex, SVA3). Une sélection des meilleures séries télévisées suédoises a également été proposée.
Un article a également exploré l’importance du numéro d’identification personnel suédois, qui accompagne les individus tout au long de leur vie, de la naissance à la mort, et qui enregistre même leur lieu de sépulture.
Une nouvelle enquête est en cours auprès des lecteurs sur leur expérience du divorce en Suède. Les personnes concernées sont invitées à y participer.
Enfin, un nouveau jeu de mots croisés est disponible en ligne, proposant un défi ludique autour de l’actualité suédoise.
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