Home SantéPourquoi la #DigitalHealth deviendra la nouvelle norme par Sujeet Katiyar, @sujeetkatiyar

Pourquoi la #DigitalHealth deviendra la nouvelle norme par Sujeet Katiyar, @sujeetkatiyar

by Sophie Martin

La pandémie de COVID-19 a agi comme un catalyseur pour l’adoption massive de la télémédecine en Inde, un pays confronté à une pénurie chronique de professionnels de santé et à des inégalités d’accès aux soins. Les investissements dans les start-ups du secteur de la santé numérique ont explosé, atteignant des niveaux records au premier trimestre 2020, tandis que le gouvernement indien s’efforce de réglementer et de promouvoir cette nouvelle approche des soins.

Le premier trimestre 2020 a vu un afflux sans précédent de capitaux dans les entreprises de santé numérique, avec un financement total de plus de 3 milliards de dollars (environ 2,7 milliards d’euros) provenant de capital-risque et de capital-investissement. Cette tendance reflète une prise de conscience croissante du potentiel de la technologie pour améliorer l’efficacité, l’accessibilité et la qualité des soins de santé.

Face à la nécessité de l’isolement social pendant la pandémie, les organismes de santé ont cherché activement des solutions pour continuer à soigner les patients, qu’ils soient atteints de la COVID-19 ou d’autres affections. La télémédecine, qui englobe les consultations à distance par vidéo, téléphone ou plateformes en ligne, s’est imposée comme une alternative viable aux visites en personne.

Le 25 mars dernier, le Conseil des gouverneurs, remplaçant le Conseil médical de l’Inde (MCI), a publié des directives pour la pratique de la télémédecine. Ces lignes directrices visent à renforcer les prestations de soins de santé dans un contexte post-COVID-19, en particulier au niveau local, dans les centres de santé et de bien-être (HWC) qui fournissent des soins préventifs et primaires dans un rayon de 5 kilomètres.

La télémédecine permet aux médecins de se connecter avec leurs patients et aux prestataires de soins de santé de niveau intermédiaire de les orienter vers des spécialistes sans qu’ils aient à se déplacer physiquement. Elle contribue également à réduire la pression sur les hôpitaux secondaires et à améliorer la documentation, la collecte de données, le diagnostic et les soins, tout en préservant la sécurité des patients et du personnel soignant. Des programmes pilotes ont déjà démontré son efficacité dans des domaines tels que la santé reproductive et infantile, ainsi que dans la lutte contre la tuberculose.

L’Inde souffre d’une pénurie chronique de médecins, d’agents de santé et de lits d’hôpitaux, particulièrement dans les zones rurales et les États les plus densément peuplés. Selon le Profil national de la santé 2019, le pays comptait 1,1 million de médecins allopathes enregistrés en décembre 2019. Le ratio médecins-population est actuellement de 1 pour 1 457 habitants, ce qui est inférieur à la norme recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1 pour 1 000.

Les dépenses publiques en matière de santé ne représentent que 1,28 % du produit intérieur brut (PIB) indien, soit 1 657 roupies par habitant en 2017-2018. Cette situation entraîne des inégalités d’accès aux soins, les populations rurales défavorisées et les bidonvilles urbains étant les plus touchées. Dans les zones rurales, le ratio médecins allopathes/patients relevant du secteur public est alarmant : 1 pour 10 926 habitants, selon les données du Profil national de la santé 2019.

En outre, l’Inde manque de 600 000 médecins et de 2 millions d’infirmières, selon les estimations de l’OMS. Les professionnels de santé sont également souvent surchargés de tâches administratives, telles que la saisie de données et la gestion des stocks, ce qui les empêche de se concentrer pleinement sur les soins aux patients.

Avant la publication des directives de mars, la pratique de la télémédecine n’était encadrée par aucune législation spécifique. Les lois et réglementations existantes, notamment celles relatives à la pratique de la médecine, à la protection des données et aux technologies de l’information, ne couvraient pas pleinement les spécificités de la télémédecine. L’essor de la pénétration du mobile et d’Internet dans les zones rurales offre une opportunité unique de combler le fossé en matière d’accès aux soins grâce à la télésanté. Une consultation en ligne rapide peut permettre de déterminer si un patient a besoin d’une simple orientation ou d’un examen physique approfondi, réduisant ainsi la pression sur le système de santé.

You may also like

Leave a Comment