Publié le 6 novembre 2025 à 17h00. L’augmentation des taxes sur les jeux et le durcissement de la réglementation pourraient avoir des conséquences désastreuses sur le secteur, comme l’illustre l’exemple des Pays-Bas où un marché autrefois florissant est désormais en déclin, avec une migration croissante vers des opérateurs illégaux.
- Le gouvernement britannique envisage une augmentation des taxes sur les jeux de hasard dans le budget du 26 novembre.
- L’expérience néerlandaise, où une hausse des taxes combinée à une réglementation plus stricte a entraîné une baisse des recettes fiscales et une augmentation du marché noir, sert d’avertissement.
- Des experts mettent en garde contre le risque de fermetures de bureaux de paris au Royaume-Uni si les taxes augmentent.
L’industrie des jeux de hasard britannique est confrontée à une période d’incertitude. Alors que le gouvernement étudie la possibilité d’augmenter les taxes dans le cadre du budget du 26 novembre, des inquiétudes grandissent quant à l’impact potentiel sur le secteur. L’exemple des Pays-Bas, où une politique similaire a eu des conséquences néfastes, est au centre des préoccupations.
Aux Pays-Bas, une augmentation de la taxe sur les jeux de hasard, passant de 30,5 % à 34,2 % des revenus bruts des jeux (RPB), puis à 37,8 % à partir du 1er janvier, combinée à un renforcement de la réglementation, a eu des effets pervers. Une évaluation d’impact réalisée par le Kansspelautoriteit (KSA), le régulateur néerlandais des jeux de hasard, a confirmé que « malgré l’augmentation de la taxe sur les jeux de hasard, les recettes fiscales ont diminué ». Le KSA a souligné que cette augmentation obligeait les opérateurs à réduire leurs coûts ou à augmenter leurs revenus, ce qui pénalisait particulièrement le secteur des paris au détail.
Brant Dunshea, directeur général par intérim du BHA, a mis en garde contre les risques d’une telle politique :
« Les Pays-Bas sont un parfait exemple des conséquences potentielles qui pourraient être en jeu ici. »
Brant Dunshea, directeur général par intérim du BHA
Les conséquences sont tangibles : une baisse accélérée du nombre de bureaux de paris et une augmentation du marché noir. En 2025, les recettes fiscales devraient être inférieures de 40 millions d’euros par rapport aux prévisions initiales, soit une baisse de 5 %. Le marché illégal représente désormais 51 % du PNB, contre 49 % pour le marché légal, ce qui équivaut à un volume de 617 millions d’euros.
Selon le KSA, cette tendance est due au fait que les joueurs se tournent vers des offres illégales pour contourner les nouvelles réglementations et les limites de dépôt. L’Arabie saoudite a d’ailleurs constaté que le marché noir avait dépassé celui sous licence pour la première fois depuis l’introduction de la réglementation en 2021.
Stephen Hodgson, conseiller en politique fiscale auprès du Betting and Gaming Council, a souligné lors d’une audition devant la commission du Trésor au Parlement que l’augmentation du taux d’imposition aux Pays-Bas avait eu un impact négatif sur le nombre de clients sur le marché réglementé.
« Les autorités elles-mêmes affirment que cela a eu un impact négatif sur le nombre de clients sur le marché réglementé, avec des conséquences sur les recettes fiscales, qui sont nettement inférieures à ce qui était prévu cette année pour les Pays-Bas. »
Stephen Hodgson, conseiller en politique fiscale auprès du Betting and Gaming Council
Les analystes de Regulus Partners ont tiré des conclusions alarmantes, qualifiant la situation aux Pays-Bas de « marché en échec clair et objectif en temps réel ». Ils ont souligné que la combinaison d’une réglementation plus stricte et d’une fiscalité plus élevée était contre-productive en termes de recettes fiscales et de protection des joueurs. Ils considèrent les Pays-Bas comme un « baromètre politique très utile » pour comprendre les conséquences de telles politiques.
L’exemple de l’Inde, où une augmentation de la taxe sur les produits et services (TPS) sur les paris hippiques a conduit à une migration massive vers le marché noir et à une crise financière pour le secteur, vient confirmer ces inquiétudes. Selon Suraj Narredu, un des meilleurs jockeys indiens, « Les questions fiscales tuent vraiment le sport ».
En conclusion, l’expérience internationale démontre qu’une augmentation des taxes et un durcissement de la réglementation, mis en œuvre simultanément, peuvent avoir des effets contre-productifs, entraînant une baisse des recettes fiscales et une croissance du marché noir. Le Royaume-Uni, avec son industrie des jeux de hasard de premier plan, doit tirer les leçons de ces exemples avant de prendre des décisions qui pourraient compromettre l’avenir du secteur.
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