Publié le 29 octobre 2023 14:35:00. Une tendance inquiétante émerge : les millennials, nés entre 1981 et 1995, sont la première génération à présenter un risque accru de cancer par rapport à leurs aînés, une situation liée à des modes de vie de plus en plus nocifs.
- Le nombre de cas de cancer chez les moins de 50 ans a bondi de 79 % entre 1990 et 2019, avec une augmentation de 28 % de la mortalité.
- L’alimentation ultra-transformée, le manque de sommeil, le stress chronique et la consommation d’alcool sont identifiés comme des facteurs clés de cette hausse.
- Bien qu’il ne soit pas trop tard, des changements significatifs dans les habitudes de vie sont nécessaires pour inverser cette tendance.
Les millennials se trouvent face à un paradoxe : une génération consciente des enjeux de santé, mais paradoxalement plus exposée aux risques de cancer. Des études récentes révèlent une augmentation alarmante des diagnostics chez les moins de 50 ans, une situation sans précédent qui interpelle les experts.
Entre 1990 et 2019, le nombre de cas de cancer diagnostiqués chez les adultes de moins de 50 ans a augmenté de 79 % à l’échelle mondiale. Malheureusement, cette augmentation s’accompagne d’une hausse de 28 % de la mortalité liée à ces cancers. Si la plupart des tumeurs ne sont pas d’origine héréditaire, elles sont fortement influencées par des facteurs environnementaux et comportementaux, notamment l’alimentation, la consommation d’alcool, le manque de sommeil et le stress.
L’impact de l’alimentation
L’évolution de nos habitudes alimentaires est particulièrement préoccupante. Depuis les années 1980, l’obésité infantile a connu une croissance exponentielle. En 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait à plus de 390 millions le nombre d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans en surpoids, dont 160 millions étaient obèses. En savoir plus sur l’obésité infantile (OMS)
L’excès de poids favorise la résistance à l’insuline et une inflammation chronique de bas grade, des conditions propices au développement des cellules cancéreuses. Des recherches menées auprès de 4,7 millions de personnes ont démontré qu’un indice de masse corporelle (IMC) élevé durant la jeunesse augmente le risque de cancer du côlon de 39 % chez les hommes et de 19 % chez les femmes plus tard dans la vie.
Par ailleurs, la consommation croissante d’aliments ultra-transformés perturbe l’équilibre de notre microbiote intestinal. Une diminution de la diversité bactérienne et une augmentation des substances nocives peuvent entraîner des troubles digestifs tels que le syndrome de l’intestin irritable, dont souffrent de plus en plus de personnes dans la trentaine.
Bien que les millennials boivent peut-être moins fréquemment que leurs parents, ils ont tendance à consommer de plus grandes quantités d’alcool lorsqu’ils boivent. Un comportement risqué, car l’OMS a récemment classé l’alcool comme un « cancérogène de groupe 1 », au même titre que le tabac. Le corps métabolise l’alcool en acétaldéhyde, une substance qui endommage l’ADN. Des études récentes suggèrent même que certaines bières contiennent des PFAS, des substances chimiques associées au cancer des testicules et du rein.
Sommeil et stress : un duo dangereux
En moyenne, les millennials dorment 30 à 45 minutes de moins par nuit que les baby-boomers. Les écrans, les réseaux sociaux et la lumière bleue émise par ces appareils sont souvent pointés du doigt, car ils suppriment la production de mélatonine, l’hormone qui protège les cellules contre les dommages. Un manque de sommeil chronique réduit la capacité de l’organisme à réparer l’ADN, augmentant ainsi le risque de mutations.
Le stress chronique est un autre facteur aggravant. Les millennials vivent avec des niveaux de cortisol, l’hormone du stress, structurellement plus élevés que les générations précédentes. Un stress prolongé affaiblit le système immunitaire, favorise l’inflammation et entrave la capacité de l’organisme à éliminer les cellules anormales. Des études indiquent que les personnes souffrant de stress chronique ont jusqu’à deux fois plus de risques de mourir d’un cancer que celles qui parviennent à mieux le gérer.
L’automédication est également un problème. De nombreux millennials ont recours à des analgésiques ou des antiacides sans avis médical. La consommation régulière de paracétamol a été associée à des problèmes hépatiques et potentiellement à un cancer du foie. L’utilisation à long terme de la pilule contraceptive peut légèrement augmenter le risque de cancer du sein et du col de l’utérus, bien qu’elle offre une protection contre le cancer des ovaires et de l’endomètre.
Selon les prévisions, le nombre de cas de cancer dans le monde devrait passer de 20 millions en 2022 à près de 35 millions en 2050, soit une augmentation de 77 %. Les cancers du côlon et gynécologiques sont particulièrement en augmentation chez les jeunes adultes.
Cependant, il n’est pas trop tard pour agir. En adoptant une alimentation plus saine, en améliorant la qualité et la durée du sommeil, en réduisant la consommation d’alcool et en apprenant à gérer le stress, les millennials peuvent réduire considérablement leurs risques. Nous sommes peut-être la génération de la précipitation et des solutions rapides, mais nous sommes aussi les premiers à disposer des connaissances nécessaires pour inverser cette tendance.