Publié le 5 février 2024. Les médecins constatent une succession d’infections respiratoires cet hiver, sans que la durée des symptômes ne soit nécessairement plus longue, mais avec une circulation accrue de différents virus, notamment la grippe et les virus saisonniers.
- De nombreux médecins généralistes et pédiatres ont l’impression que les rhumes et les infections hivernales durent plus longtemps cette année.
- Cette perception est liée à une forte circulation de plusieurs virus respiratoires, et non à une gravité accrue des symptômes.
- La grippe B est actuellement en hausse en Catalogne, après des vagues de grippe A et de virus respiratoire syncytial (VRS) plus tôt dans l’hiver.
Si les données objectives ne confirment pas une durée plus longue des rhumes et des infections hivernales cette année, de nombreux médecins généralistes et pédiatres partagent cette impression. L’épidémiologiste Antoni Trilla, chef de la médecine préventive à l’hôpital Clínic de Barcelone, explique que cette sensation pourrait être liée à une circulation particulièrement intense de différents virus.
« Les gens nous disent qu’ils ont des symptômes qui durent plus longtemps, mais ce n’est pas quelque chose que nous pouvons objectiver. »
Antoni Trilla, chef de la médecine préventive à l’hôpital Clínic de Barcelone
Selon le Dr. Trilla, il n’y a pas d’explication unique à ce phénomène. Il suggère que la levée des mesures sanitaires mises en place pendant la pandémie, comme le port du masque et l’isolement, a entraîné une diminution de l’immunité collective et une plus grande vulnérabilité aux virus courants. Notre système immunitaire, moins sollicité ces dernières années, aurait besoin de se « réentraîner ».
« Nous venons de deux ou trois années où nous avons été plus protégés, plus isolés, en utilisant des masques, et cette année, nous avons eu plus de contacts avec ces virus. Cela signifie que notre entraînement immunitaire s’est détérioré. Ce n’est pas que nous ayons perdu notre immunité, c’est que nous ne sommes pas entraînés », souligne le Dr. Trilla.
Le Dr. Jordi Mestres Lucero, médecin généraliste et membre de la Société catalane de médecine familiale et communautaire (Camfic), partage cette observation. Il note que les symptômes, comme la toux et la congestion, semblent s’attarder plus longtemps, environ dix jours en moyenne, mais sans être plus graves.
« Nous observons que les symptômes se prolongent davantage, mais ils ne sont pas plus graves. »
Jordi Mestres Lucero, médecin généraliste et membre de Camfic
Le Dr. Mestres avance plusieurs hypothèses. Il explique que la prédominance du Covid-19 ces dernières années a entraîné un déplacement des autres virus. Aujourd’hui, le système immunitaire se réactive et se met à jour, un peu comme un « reset ».
Le Dr. Toni Soriano, de l’unité de pathologie infectieuse et d’immunodéficience pédiatrique de l’hôpital Vall d’Hebron, nuance cette analyse. Il estime que la succession rapide de différentes vagues épidémiques donne l’impression que les infections se prolongent, alors qu’il s’agit plutôt d’infections successives par différents virus.
Actuellement, la grippe B est particulièrement présente en Catalogne, après une vague de grippe A plus tôt dans l’année et une forte circulation du virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite. « Différentes vagues épidémiques de différents virus apparaissent, ce qui donne l’impression que les rhumes ne se terminent jamais, mais c’est parce que nous attrapons différents virus les uns après les autres », explique le Dr. Soriano.
En Catalogne, la grippe est en augmentation, tandis que le Covid-19 reste à un niveau bas, avec une diminution des hospitalisations et un nombre minimal de patients en soins intensifs (sept) depuis le début de la pandémie. L’incidence des infections respiratoires aiguës (IRA) montre une nouvelle tendance à la hausse, avec 60 014 cas enregistrés entre le 30 janvier et le 5 février, selon le Sistema de Información para la Vigilancia de Infecciones en Catalunya (Sivic).
Les diagnostics de grippe s’élèvent à 7 090 au cours de la dernière semaine, contre 4 257 la semaine précédente, et l’incidence estimée passe de 137 à 226 cas pour 100 000 habitants, ce qui indique un possible nouveau pic épidémique (le deuxième de la saison). Les cas de Covid-19 augmentent également, mais à un niveau beaucoup plus faible : 1 396 positifs en soins primaires, contre 1 189 la semaine précédente, avec une incidence estimée passant de 28 à 34 cas pour 100 000 habitants.
Les analyses des échantillons du système de surveillance montrent que le SARS-CoV-2 est le moins présent (4,4 %), tandis que la grippe (29,1 %) et le rhinovirus (22,3 %) dominent.
Les hospitalisations pour Covid-19 diminuent légèrement, passant de 383 à 356, et les soins intensifs ont enregistré deux minimums historiques depuis le début de la pandémie : seulement 7 patients en soins critiques le 4 février et 8 le lendemain. Au cours de la dernière semaine, 24 personnes sont décédées du Covid-19, contre 38 la semaine précédente.
Pour aller plus loin
