Publié le 17 octobre 2025 13:10:00. Une rencontre tendue en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine a révélé un fossé infranchissable sur l’avenir de l’Ukraine, marquant un revirement inattendu dans la position de l’ancien président américain et relançant l’espoir de Kiev et de l’Union européenne.
- Vladimir Poutine a rejeté une proposition américaine de levée des sanctions en échange d’une trêve, insistant sur la capitulation totale de l’Ukraine et la cession de territoires supplémentaires.
- La réunion à Anchorage a été marquée par des échanges houleux, Donald Trump menaçant même de quitter les négociations face à la fermeté du dirigeant russe.
- Cet échec a conduit à un changement de position de Trump, qui semble désormais plus disposé à soutenir l’Ukraine, notamment par le biais de l’assistance militaire américaine.
Les efforts de Donald Trump pour parvenir à un accord avec la Russie sur la guerre en Ukraine ont subi un revers majeur lors d’une rencontre en Alaska le 15 août à Anchorage. Initialement perçue comme une opportunité de relancer les négociations, voire d’organiser un sommet direct entre Poutine et Zelensky, la réunion a rapidement tourné au vinaigre, révélant des divergences profondes et irréconciliables.
Selon des sources proches des négociations, Vladimir Poutine a catégoriquement refusé l’offre américaine de lever les sanctions économiques en échange d’un cessez-le-feu. Le dirigeant russe a réaffirmé sa position intransigeante, estimant que la guerre ne prendrait fin que lorsque l’Ukraine capitulerait et céderait davantage de territoires à la Russie. Lors d’une longue intervention, Poutine a invoqué l’histoire de la Russie, citant des figures médiévales telles que Rurik et Yaroslav le Sage, ainsi que l’hetman Bohdan Khmelnytsky, pour justifier ses revendications territoriales et son idée d’une unité historique entre les deux pays.
La réaction de Donald Trump face à cette inflexibilité a été vive. Le Financial Times rapporte que l’ancien président américain a été pris de court par la conférence historique de Poutine, haussant la voix à plusieurs reprises et menaçant de quitter la réunion. Il a finalement écourté les discussions et annulé un déjeuner prévu où les délégations devaient aborder les questions économiques et la coopération bilatérale. Ce revirement a conduit à un changement notable dans la position de Trump, qui semble désormais plus favorable à l’Ukraine.
Cet épisode fait suite à un premier échec des tentatives de Trump pour parvenir à un accord au printemps dernier. Les Russes avaient alors fait savoir que Poutine n’était pas intéressé par un plan de paix américain impliquant l’Ukraine et l’Europe, entraînant l’annulation d’une réunion prévue en mai. Un regain d’espoir était apparu début août, après une visite de l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, à Moscou et trois heures de négociations avec Poutine. À cette occasion, le dirigeant russe avait semblé se montrer plus flexible sur la question territoriale, probablement influencé par les sanctions américaines sur les importations de pétrole russe en Inde.
En Alaska, Trump avait même évoqué la possibilité de reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et de contraindre l’Ukraine à abandonner certaines positions sur la ligne de front en échange d’un arrêt des combats. Cependant, cette proposition reposait sur une interprétation erronée des concessions territoriales russes. Selon des négociateurs, les concessions annoncées par Witkoff se limitaient à un gel de la ligne de front dans les zones que la Russie n’avait pas réussi à conquérir par la force, tout en exigeant la remise de l’ensemble du Donbass à la Russie.
« Il a mal compris tout ce que Poutine a dit sur le sujet du sommet. »
Un des négociateurs
Un porte-parole de la Maison Blanche a démenti l’hypothèse selon laquelle l’envoyé spécial de Trump aurait mal interprété la position russe. Poutine a quant à lui souligné qu’aucun accord ne serait possible sans s’attaquer aux « causes profondes » du conflit, notamment un changement de régime à Kiev, la fin de l’expansion de l’OTAN et l’arrêt des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine.
L’assistance accrue des services de renseignement américains et les discussions sur la fourniture de missiles Tomahawk à l’Ukraine sont perçues comme des signaux encourageants par Kiev et l’Union européenne, suggérant que Trump pourrait finalement être prêt à exercer une pression indirecte sur la Russie. La rencontre en Alaska, bien qu’infructueuse, pourrait donc marquer un tournant dans la politique américaine à l’égard de la guerre en Ukraine.
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