Publié le 17 octobre 2025 à 09h42. L’annonce d’un sommet imminent entre les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine, en Hongrie, a pris de court la délégation ukrainienne alors qu’elle espérait obtenir de nouvelles promesses d’aide militaire à Washington.
- Donald Trump a annoncé son intention de rencontrer Vladimir Poutine à Budapest dans les deux prochaines semaines.
- Cette initiative intervient alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky espérait obtenir des missiles de croisière Tomahawk pour frapper les infrastructures militaires russes.
- Le Kremlin semble avoir réussi à détourner l’attention de Trump vers une approche diplomatique directe avec la Russie.
L’annonce d’un sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, révélée juste avant une rencontre prévue entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, a constitué un véritable coup de théâtre. Le président russe a proposé cette rencontre à Budapest, prévoyant qu’elle se tiendrait « dans environ deux semaines », selon des sources proches du Kremlin. Des conseillers politiques sont déjà mobilisés pour préparer ce sommet, qui débutera la semaine prochaine.
Cette initiative américaine intervient alors que l’Ukraine, confrontée à une intensification des attaques russes sur ses infrastructures énergétiques, espérait obtenir un engagement plus ferme de la part de Washington, notamment la livraison de missiles de croisière Tomahawk (portée d’environ 2 500 kilomètres). Kiev souhaitait utiliser ces armes pour frapper les sites de production d’armes et les infrastructures militaires russes en profondeur, une stratégie que Trump avait récemment semblé soutenir, exerçant ainsi une pression sur Poutine.
Le Kremlin semble avoir habilement joué de la diplomatie pour influencer la position de Trump. Comme à l’été 2023, lorsque Trump avait menacé Poutine de sanctions, le président russe a su flatter l’ancien magnat de l’immobilier et lui proposer une rencontre directe. Cette tactique semble porter ses fruits une fois de plus.
Poutine met en avant des succès militaires contestés
Lors d’un appel téléphonique de deux heures et demie avec Trump, Vladimir Poutine a vanté les « succès » de la Russie sur l’ensemble du front ukrainien, une affirmation largement exagérée selon les analystes militaires. Selon Yuri Ouchakov, conseiller de Poutine, le président russe a également félicité chaleureusement Trump pour ses « succès au Moyen-Orient » et a convenu avec lui de la nécessité d’une « solution pacifique par des méthodes politiques et diplomatiques » en Ukraine.
Poutine a également mis en garde Washington contre les conséquences d’une éventuelle livraison de missiles Tomahawk à Kiev, affirmant qu’ils ne modifieraient pas la situation sur le champ de bataille mais pourraient « causer des dommages substantiels » aux relations américano-russes. Trump a, de son côté, suggéré que les États-Unis auraient besoin de leurs propres missiles pour leurs opérations.
Attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes
Cette intervention diplomatique russe survient à un moment critique pour l’Ukraine, qui subit une intensification des frappes aériennes russes ciblant ses infrastructures énergétiques à l’approche de la saison de chauffage. Les attaques, menées à l’aide de drones, de roquettes et de bombes guidées, se concentrent notamment sur les installations de production et de stockage de gaz.
Volodymyr Zelensky devait mettre en avant cette situation préoccupante lors de son entretien avec Donald Trump, en soulignant l’urgence de livrer de nouveaux systèmes de défense aérienne et des armes à longue portée, dont les Tomahawk, pour contrer la menace aérienne russe.
Coopération dans le secteur de la défense
La question des missiles de croisière avait déjà été abordée lors de précédents échanges téléphoniques entre Zelensky et Trump. Le président ukrainien avait souligné que les systèmes Patriot et les Tomahawk pourraient contribuer à « établir une paix à long terme ». Trump avait initialement semblé favorable à cette argumentation, mais l’appel récent avec Poutine semble avoir modifié sa position.
Des responsables ukrainiens de haut rang s’étaient rendus à Washington pour préparer la rencontre entre Zelensky et Trump, en cherchant à approfondir la coopération économique et militaire avec les États-Unis, notamment dans le domaine de la défense. Kiev souhaite notamment conclure des accords permettant de tester des armes en conditions réelles de combat, une opportunité unique offerte par la guerre en Ukraine.
Cibles potentielles : production de drones et bases aériennes
Les experts s’accordent à dire que les Tomahawk ne constituent pas une solution miracle, mais pourraient permettre à l’Ukraine de frapper avec précision des cibles stratégiques en Russie, notamment les sites de production de drones, comme ceux d’Alabuga et d’Ijevsk, qui produisent des drones d’attaque basés sur des modèles iraniens. Joe Biden avait déjà autorisé la livraison de missiles Atacms à Kiev, mais leur portée est limitée à 300 kilomètres.
L’analyste militaire ukrainien Olexander Kowalenko estime que les Tomahawk pourraient également être utilisés contre les bases aériennes russes, d’où décollent les bombardiers qui mènent des frappes sur le front. Il souligne toutefois la nécessité d’un nombre suffisant de missiles – plus de 100 – pour obtenir un effet significatif et mener des frappes systématiques contre les infrastructures militaires russes.
Compte tenu du sommet prévu entre Trump et Poutine, il est peu probable que le président américain soit pressé de livrer les Tomahawk à l’Ukraine. Poutine cherchera probablement à lui présenter sa vision d’une paix en Ukraine et à poursuivre la guerre dans les meilleures conditions possibles.
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