Publié le 23 octobre 2025. Le pape François a préfacé le dernier ouvrage de Gustavo Gutiérrez, figure majeure de la théologie de la libération, publié à titre posthume. Ce livre, qui revisite son engagement en faveur des plus démunis, témoigne de la pertinence continue de sa pensée pour l’Église contemporaine.
- Le pape François salue la fidélité de Gustavo Gutiérrez à l’Église et à son message évangélique.
- L’ouvrage explore l’importance de l’option pour les pauvres, un thème central de la théologie de Gutiérrez.
- Le livre rappelle le rôle crucial du Concile Vatican II dans l’émergence d’une Église plus attentive aux défis sociaux.
Gustavo Gutiérrez, décédé récemment, a consacré sa vie à l’étude et à la défense des droits des plus vulnérables. Sa théologie, née en Amérique latine dans les années 1960, a profondément marqué l’Église catholique et continue d’inspirer les mouvements sociaux et les acteurs de la solidarité. Son œuvre, traduite en plusieurs langues, a contribué à renouveler la réflexion théologique en mettant l’accent sur la justice sociale et la libération des opprimés.
Dans la préface de ce dernier livre, intitulé « Vivre et penser le Dieu des pauvres » (Editrice Queriniana, Brescia, 2025, 368 pages), le pape François souligne la profondeur et la cohérence de la pensée de Gutiérrez. Il met en avant sa capacité à rester fidèle à l’Évangile tout au long de son parcours, même face aux difficultés et aux controverses. Le livre, traduit en italien par Marta Pescatori, est une invitation à repenser la foi à la lumière de la souffrance des pauvres et à s’engager concrètement pour un monde plus juste.
Le pape François évoque également l’influence du Concile Vatican II (1962-1965) sur le travail de Gutiérrez. Il rappelle que ce concile a ouvert de nouvelles perspectives pour l’Église, en l’invitant à se rapprocher des réalités sociales et à répondre aux besoins des populations les plus démunies. Il cite à ce propos les paroles de Jean XXIII, prononcées un mois avant l’ouverture du concile :
« L’Église se présente telle qu’elle est et veut être, comme l’Église de tous, et en particulier l’Église des pauvres. »
Jean XXIII
L’ouvrage revient sur l’importance de la IIe Conférence générale de l’épiscopat latino-américain, qui s’est tenue à Medellín en 1968, en présence de Paul VI. Gutiérrez a joué un rôle clé dans la préparation de cette conférence, qui a marqué un tournant dans l’histoire de l’Église en Amérique latine en affirmant l’option préférentielle pour les pauvres. Il rappelle que cette option n’est pas simplement une question de charité, mais une exigence fondamentale de l’Évangile.
Le pape François conclut en soulignant que la théologie de Gutiérrez reste d’une actualité brûlante. Il insiste sur la nécessité de ne jamais oublier les pauvres et de les considérer comme le cœur du message chrétien.
« C’est seulement avec le visage des pauvres comme centre que nous trouverons un point de rencontre pour nous reconnaître dans l’Église… »
Pape François
Il cite également Bartolomé de Las Casas :
« Des plus petits et des plus oubliés, Dieu garde un souvenir très proche et vif. »
Bartolomé de Las Casas
L’Osservatore Romano a publié des extraits de cette préface, soulignant l’importance de cet ouvrage posthume pour la compréhension de la théologie de la libération et de son impact sur l’Église contemporaine.
