Publié le 15 novembre 2023. À Belém, au Brésil, lors de la COP30, Solano Miselis, représentant des peuples autochtones, a plaidé pour une reconnaissance accrue de leur rôle dans la protection de la biodiversité et a appelé les Églises à s’allier à leurs luttes pour la justice climatique et la préservation de leurs cultures.
- Pour les peuples autochtones, le territoire est un espace sacré, à la fois physique, politique, économique et spirituel, indissociable de leur identité et de leur survie.
- Les femmes autochtones se présentent comme un rempart de résistance et de préservation des savoirs traditionnels, jouant un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique.
- Solano Miselis invite les Églises à dépasser les interprétations oppressives du christianisme et à embrasser une théologie inclusive qui valorise la spiritualité autochtone et soutient les peuples premiers.
Lors de la COP30, Solano Miselis a partagé une vision profonde de ce que représente le territoire pour le peuple Cuna. Il a expliqué que pour les femmes et les hommes Cuna, le territoire, qu’ils appellent les Cunadules, est bien plus qu’un simple espace géographique. C’est un lieu sacré, porteur de leurs racines et de leur spiritualité.
« Pour les femmes Cuna et pour le peuple Cuna, le territoire est le lieu sacré où nous vivons, les Cunadules. Un lieu sacré qui porte l’importance de nos racines, qui naissent de la spiritualité du peuple Cunadule, nous rappelant que le territoire est bien plus que le lieu où nous vivons. C’est un espace physique mais aussi un espace politique, économique et spirituel où nous convergeons et où la vie est partagée non seulement par nous, les Cunadules, mais aussi par nos frères, arbres, rivières et plantes. »
Solano Miselis
Il a souligné que ce territoire est à la fois un espace physique et un espace politique, économique et spirituel, où la vie est partagée avec tous les êtres vivants. Cette conception sacrée du territoire implique une responsabilité de le protéger et de le préserver pour les générations futures.
La question de la place des femmes autochtones dans la société actuelle a également été abordée. Solano Miselis a insisté sur leur rôle essentiel dans la résistance culturelle et la préservation des savoirs traditionnels.
« Être une femme Cunadule aujourd’hui est une grande joie et une célébration. C’est aussi reconnaître que nous existons en tant que germe de la résistance, la résistance de nos grands-mères. Être une femme autochtone, c’est aussi lutter pour que notre identité, notre langue, nos connaissances et notre sagesse soient préservées. »
Solano Miselis
Il a mis en avant leur contribution à la préservation de la biodiversité, estimée à 80 pour cent de la biodiversité mondiale, et a appelé à leur participation active à la prise de décision.
La relation entre la spiritualité autochtone et le christianisme a été un autre point central de la discussion. Solano Miselis a reconnu les blessures du passé, liées à la violence de la colonisation et à une interprétation déformée du christianisme.
« La mémoire historique des peuples autochtones est liée à la violence de la croix et de l’épée. Nous reconnaissons que les envahisseurs sont venus sur nos territoires à Abya Yala et ont apporté une forme de christianisme qui n’était pas le vrai christianisme – pas le christianisme basé sur l’Évangile libérateur de Jésus, mais un christianisme d’oppression et de mort. »
Solano Miselis
Cependant, il a également souligné les points communs entre les deux spiritualités, notamment la croyance en un Créateur qui aime la création et le respect de la Terre. Il a affirmé que prendre soin de la Terre, c’est aimer et respecter le Créateur.
Enfin, Solano Miselis a lancé un appel aux Églises du monde entier pour qu’elles se solidarisent avec les luttes des peuples autochtones et qu’elles intègrent la théologie autochtone dans leur compréhension de la création et de la justice.
« Nous appelons l’Église mondiale à s’unir en solidarité avec les luttes des peuples autochtones. Nous ne pouvons pas être une Église sans l’Église autochtone. Nous sommes le Corps du Christ lorsque l’Église autochtone est également présente. »
Solano Miselis
Il a insisté sur la nécessité d’une inclusion véritable, qui permette aux peuples autochtones de participer pleinement à la vie de l’Église, et non une simple inclusion symbolique.
Le Conseil Œcuménique des Églises (COE) continue de plaider pour une participation significative des peuples autochtones aux négociations sur le climat et pour l’intégration de la théologie autochtone dans la réflexion des Églises sur la sauvegarde de la création et la justice.
Pour suivre la couverture de la COP30 par le COE, consultez le site www.oikoumene.org/cop30.
Des galeries de photos de la COP30 sont disponibles sur la galerie en ligne du COE.
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Pour un article de fond sur l’appel des Églises à prendre la tête de l’action climatique, consultez l’article du 6 novembre.
Les mises à jour quotidiennes de la COP30 reliant les Églises aux négociations sur le climat sont disponibles ici (communiqué de presse du 5 novembre).
