La consommation globale d’antibiotiques en France a connu une hausse significative en 2024, mais le secteur dentaire fait figure d’exception avec une prescription stable, voire légèrement en baisse. Cette situation contraste fortement avec l’augmentation observée chez les médecins généralistes et spécialistes, alors que le pays s’efforce de limiter l’antibiorésistance.
Selon les données de Santé publique France, plus de 860 antibiotiques ont été prescrits pour 1 000 habitants en 2024, soit une progression de 4,8 % par rapport à l’année précédente. La consommation, mesurée en doses définies journalières (DDJ), s’élève désormais à 22,1 DDJ pour 1 000 habitants par jour, une augmentation de 5,4 % qui la rapproche des niveaux d’avant la crise sanitaire.
Cependant, la prescription d’antibiotiques chez les chirurgiens-dentistes a diminué de 0,2 % en 2024, une stabilité notable face à la hausse de 6,2 % enregistrée chez les médecins généralistes et de 1,5 % chez les autres spécialistes. Cette différence s’explique en partie par le retour des infections hivernales et la reprise des consultations après la pandémie de Covid-19.
L’amoxicilline reste l’antibiotique le plus prescrit par les dentistes (68 % des cas), suivie de l’association amoxicilline-acide clavulanique (12 %) et de spiramycine + métronidazole (11 %). Il est à noter que la spiramycine + métronidazole n’a plus d’indication en odontologie. Des disparités régionales existent : les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et Corse affichent les taux de prescription les plus élevés, tandis que la Normandie et les territoires d’outre-mer présentent les taux les plus faibles.
La France se positionne actuellement en deuxième place en Europe en termes de consommation d’antibiotiques. Dans ce contexte, la stratégie nationale vise à réduire ce chiffre à 650 prescriptions pour 1 000 habitants d’ici 2027.