Publié le 7 novembre 2025 à 14h39. Neuf organisations environnementales à travers le monde viennent de se voir attribuer un financement pour des projets innovants visant à la conservation de la biodiversité et à la restauration des écosystèmes, en impliquant les communautés locales dans des solutions durables.
- L’Asociación Armonía en Bolivie cherche à créer un fonds pour la protection des dernières forêts de Kewiña et des sources d’eau vitales pour 1,2 million de personnes.
- NatureLife Cambodge étend son programme de récompense des agriculteurs protégeant les forêts, en intégrant une filière durable de noix de cajou.
- ProNatura Sur au Mexique développe un modèle de foresterie communautaire intégrant rentabilité économique et conservation.
Ces initiatives, sélectionnées par BirdLife International, témoignent d’une approche intégrée de la conservation, plaçant les populations locales au cœur des solutions. Elles visent à créer des modèles économiques durables qui permettent à la fois de protéger la biodiversité et d’améliorer les conditions de vie des communautés qui dépendent des ressources naturelles.
En Bolivie, l’Asociación Armonía s’efforce de mobiliser 3 millions de livres sterling (environ 3,5 millions d’euros) par an pour la restauration des forêts du parc national de Tunari. Ce fonds fiduciaire mixte financera la restauration des forêts, la prévention des incendies et le développement de moyens de subsistance durables pour les communautés quechua. Le versant sud du parc abrite les dernières vastes forêts indigènes de Kewiña, un écosystème crucial pour la région.
Au Cambodge, NatureLife Cambodge renforce son projet REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts) dans la réserve faunique de Lomphat. S’appuyant sur le succès du programme IBIS Rice, qui récompense financièrement les agriculteurs pour la protection des forêts, le projet étend cette approche à une filière durable de noix de cajou. Cette diversification des revenus permettra de réduire la pression sur la forêt dans cette zone protégée de 356 000 hectares.
Au Mexique, ProNatura Sur travaille à établir un modèle de foresterie communautaire dans les montagnes du nord du Chiapas. Le projet vise à renforcer les entreprises forestières locales grâce à une meilleure gouvernance, une surveillance participative et des améliorations techniques. La création d’une nouvelle zone naturelle protégée de 950 hectares, associée à un système de paiement pour services environnementaux, permettra de financer sa gestion et d’encourager la conservation.
Au Rwanda, Nature Rwanda se concentre sur la restauration et la protection de la forêt de Busaga, une zone importante pour les oiseaux et la biodiversité (IBA). Cette forêt est également le seul site de reproduction connu du vautour charognard, une espèce en danger critique d’extinction. Le projet vise à lier la conservation des forêts aux moyens de subsistance des communautés locales, en favorisant l’écotourisme et l’éducation environnementale.
Aux Philippines, la Fondation Haribon s’attaque à la conservation de la zone clé pour la biodiversité (KBA) du mont Irid-angilo–Binanuang, un bassin versant critique abritant des populations autochtones Dumagat-Remontado et des espèces menacées, dont l’aigle des Philippines. Le projet vise à connecter la gouvernance forestière communautaire aux entreprises respectueuses de la biodiversité et aux mécanismes de marché du carbone.
Au Nigeria, la Nigerian Conservation Foundation (NCF) cherche à développer un modèle de financement durable pour la protection et la restauration de la réserve forestière d’Omo, un habitat vital pour des espèces menacées comme le perroquet gris. L’objectif est de réduire la déforestation et d’améliorer la résilience des écosystèmes.
En Indonésie, Burung Indonesia prépare le paysage Popayato Paguat à participer aux marchés émergents du carbone, en promouvant l’agroforesterie durable et en alignant les objectifs de conservation et économiques.
Au Népal, Bird Conservation Nepal s’engage à conserver la biodiversité du paysage forestier de la vallée de Mai, qui abrite plus de 375 espèces d’oiseaux, dont des espèces menacées comme le Prinia à couronne grise et la Bécassine des bois. Le projet vise à lier la conservation de la biodiversité aux entreprises durables de produits forestiers non ligneux.
Enfin, au Paraguay, Guyra Paraguay se concentre sur la conservation et la restauration du parc national San Rafael, l’une des dernières grandes étendues de forêt atlantique du haut Paraná. Le projet vise à restaurer le paysage, à sécuriser les droits fonciers des communautés autochtones Mbya Guaraní et à assurer un financement à long terme pour la conservation.
Au Kenya, Nature Kenya développe un modèle communautaire et financièrement autonome pour la restauration et la conservation des forêts du paysage forestier du mont Kenya, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, en développant des entreprises d’agroforesterie et de produits forestiers non ligneux.
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