Home NouvellesPrêt de l’UE à l’Ukraine – Starmer se retrouve dans une situation difficile en raison du refus d’utiliser les actifs de l’UE

Prêt de l’UE à l’Ukraine – Starmer se retrouve dans une situation difficile en raison du refus d’utiliser les actifs de l’UE

by Nicolas Lefèvre

L’Union européenne a finalement débloqué un prêt conséquent pour l’Ukraine, permettant à Kiev de maintenir le financement de son armée pendant encore deux ans, mais cette aide financière est assortie de compromis qui mettent le Royaume-Uni face à un dilemme délicat concernant l’utilisation des avoirs russes gelés sur son territoire.

La décision européenne, qui prend la forme d’un emprunt commun, a été accueillie avec soulagement par le président Zelensky, qui a exprimé sa gratitude pour ce soutien tardif. Elle permet à l’Ukraine de continuer à payer les salaires de ses troupes et à acquérir des armes, malgré les hésitations de Washington à autoriser la confiscation directe des avoirs russes. Cependant, le journal souligne que l’agresseur russe n’a pas été directement sanctionné par cette mesure.

Plusieurs facteurs ont conduit l’UE à privilégier cette approche. La Belgique a manifesté une résistance, tandis que d’autres États membres craignaient des « représailles » de la part de Moscou et s’inquiétaient de l’impact sur la « réputation de la zone euro ». Le risque de créer un précédent en matière de confiscation des avoirs ennemis a également pesé dans la balance.

Cette situation place le chef de l’opposition britannique, Keir Starmer, dans une position délicate. Plus de 8 milliards de livres sterling (environ 9,4 milliards d’euros) d’actifs russes sont gelés au Royaume-Uni, et Starmer a toujours plaidé pour leur utilisation afin d’aider l’Ukraine. L’UE invite désormais le Royaume-Uni à contribuer au prêt à Kiev, même si ce pays n’est pas membre de l’Union.

« Étant en dehors de l’UE, il (Starmer) peut décider de manière indépendante s’il doit le faire… D’un autre côté, Poutine, qui a qualifié de “vol” toute tentative d’utilisation de l’argent russe pour payer l’Ukraine, prendra certainement des mesures de représailles », note le journal.

Bien que les risques de « représailles économiques » de la Fédération de Russie soient jugés faibles – la plupart des investissements britanniques en Russie ayant déjà été annulés – le Royaume-Uni doit se préparer à d’éventuelles tentatives de vengeance de la part de Moscou. Il ne faudrait pas que cela l’empêche de prendre de nouvelles mesures susceptibles de nuire au régime russe.

Une coordination avec d’autres pays tiers détenant des avoirs russes, notamment le Canada et le Japon, serait « judicieuse » afin d’envoyer un signal fort de solidarité avec l’Ukraine. « La Russie a déclenché la guerre… La Russie doit payer », conclut le journal.

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