Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Progrès vers l’éradication de la dracunculose (maladie du ver de Guinée) — Dans le monde, janvier 2024-juin 2025

Publié le 26 juin 2025 10:12:00. La dracunculose, une maladie parasitaire rare mais invalidante, continue de poser problème dans plusieurs pays d'Afrique, malgré les efforts d'éradication. Les derniers chiffres font état d'une légère augmentation du nombre de cas…

Progrès vers l’éradication de la dracunculose (maladie du ver de Guinée) — Dans le monde, janvier 2024-juin 2025

Publié le 26 juin 2025 10:12:00. La dracunculose, une maladie parasitaire rare mais invalidante, continue de poser problème dans plusieurs pays d’Afrique, malgré les efforts d’éradication. Les derniers chiffres font état d’une légère augmentation du nombre de cas humains, tandis que la situation chez les animaux est plus contrastée.

  • En 2024, 15 cas humains de dracunculose ont été recensés dans le monde, principalement au Tchad et au Soudan du Sud.
  • Le nombre d’infections animales a diminué de 22 % en 2024, mais a connu une augmentation de 20 % au cours des six premiers mois de 2025.
  • Les efforts de lutte contre la dracunculose, notamment le traitement de l’eau au téméphos et l’attache des chiens, progressent dans les pays touchés.

La dracunculose, également connue sous le nom de maladie du ver de Guinée, est une infection causée par un ver parasite qui se transmet par l’eau contaminée. Elle est endémique dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mène depuis des décennies un programme mondial d’éradication de la dracunculose (GWEP), qui a permis de réduire considérablement le nombre de cas. Cependant, l’éradication complète de la maladie reste un défi.

Selon les données les plus récentes, 15 cas humains de dracunculose ont été identifiés dans le monde en 2024, contre 14 en 2023. Neuf de ces cas ont été recensés au Tchad et six au Soudan du Sud. Au cours des six premiers mois de 2025, un seul cas a été signalé, contre trois à la même période en 2024. En parallèle, 664 infections animales ont été signalées en 2024 en Angola, au Cameroun, au Tchad, en Éthiopie, au Mali et au Soudan du Sud, en baisse de 22 % par rapport aux 854 cas de 2023. Toutefois, on observe une augmentation de 20 % du nombre d’infections animales entre janvier et juin 2025, avec 550 cas recensés, contre 459 l’année précédente.

Le Cameroun et le Tchad concentrent l’essentiel des infections animales. En 2024, 89 % des cas animaux provenaient de ces deux pays (310 au Cameroun, soit 47 % du total, et 281 au Tchad, soit 42 %). Cette tendance se confirme entre janvier et juin 2025, avec 87 % des infections animales signalées dans ces deux pays (398 au Cameroun, soit 72 %, et 80 au Tchad, soit 15 %).

Les analyses en laboratoire menées par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont confirmé la présence du Dracunculus medinensis, l’espèce de ver responsable de la dracunculose, dans trois des sept échantillons humains prélevés entre janvier et juin 2025, contre un seul échantillon confirmé sur sept l’année précédente. Sur les 731 échantillons prélevés sur des animaux entre janvier et juin 2025, 663 (91 %) ont également été confirmés comme étant D. medinensis, contre 494 sur 545 l’année précédente (92 %).

Angola. Aucun cas humain n’a été détecté en Angola en 2024, malgré la surveillance de 151 communautés. Cependant, le nombre d’infections canines a augmenté de 79 % entre 2024 et les six premiers mois de 2025, passant de 39 à 70 cas. Les analyses génétiques n’ont pas révélé de lien direct entre les souches angolaises de D. medinensis et celles d’autres pays (E. Thiele, PhD, Vassar College, communication personnelle, août 2025). L’Angola utilise le téméphos dans les zones touchées et a entamé en 2024 des préparatifs pour attacher les chiens à risque.

Cameroun. Le Cameroun a signalé la réapparition du ver de Guinée en 2019, après avoir été certifié exempt de dracunculose par l’OMS en 2007. L’infection a été initialement importée des régions limitrophes du Tchad, et la transmission locale s’est rétablie en quelques années. Aucun cas humain n’a été signalé au Cameroun en 2024 ni au cours des six premiers mois de 2025. En 2024 et entre janvier et juin 2025, 310 et 398 animaux infectés ont été recensés respectivement, dans 20 villages proches de la frontière avec le Tchad. Le Cameroun a renforcé sa surveillance active en formant des volontaires locaux et en mettant en œuvre sa politique d’attache des chiens, qui affiche un taux de conformité de 79 %.

Tchad. Le Tchad a signalé neuf cas humains en 2023 et en 2024, et un cas entre janvier et juin 2025. Le nombre d’infections animales a diminué de 43 % en 2024 (281 cas) par rapport à 2023 (496 cas), et de 44 % entre janvier et juin 2025 (80 cas) par rapport à la même période en 2024 (144 cas). En décembre 2024, la surveillance était en place dans 2 785 villages. Dans les zones surveillées, 62 % et 55 % des habitants interrogés en 2024 et entre janvier et juin 2025, respectivement, connaissaient l’importance de signaler les cas de dracunculose. L’attache des chiens à risque a atteint 70 % et 45 % en 2024 et entre janvier et juin 2025, respectivement, dans les villages signalant des infections canines.

Le traitement de l’eau au téméphos a été étendu à 184 villages où la dracunculose avait été signalée en décembre 2024, puis à 225 villages en juin 2025, y compris ceux présentant un risque élevé. En décembre 2024, 86 % des 409 villages disposaient d’une source d’eau potable sans copépodes (par exemple, un puits foré). Les autorités nationales et provinciales du Tchad se sont engagées à soutenir l’éradication de la dracunculose entre janvier 2024 et juin 2025.

Éthiopie. L’Éthiopie n’a signalé aucun cas humain de dracunculose entre janvier 2023 et juin 2025. La surveillance a été menée dans 474 villages et autres zones. Deux babouins infectés ont été détectés en 2024, mais un ver non émergé trouvé chez un babouin en avril 2024 n’a pas été comptabilisé comme un cas. En 2024, 96 % des personnes interrogées dans les zones surveillées connaissaient l’importance de signaler les animaux infectés, un chiffre qui est passé à 99 % entre janvier et juin 2025.

Depuis avril 2018, l’Éthiopie soutient l’attache d’environ 1 900 chiens et chats dans les villages les plus à risque. Le téméphos est également appliqué mensuellement sur les sources d’eau utilisées par les humains et les animaux dans les zones à risque.

Mali. La transmission de la dracunculose au Mali est compliquée par la commercialisation et le transport de chiens destinés à la consommation humaine. Aucun cas humain n’a été signalé entre janvier 2024 et juin 2025, contre un seul cas en 2023. Le nombre d’animaux infectés a diminué de 39 % en 2024, passant de 46 à 28 cas. Deux infections canines ont été signalées entre janvier et juin 2025, contre aucune à la même période en 2024. Tous les animaux infectés se trouvaient dans des zones difficiles d’accès en raison des troubles civils.

En 2024, 1 966 villages étaient sous surveillance au Mali. 87 % des habitants de ces zones connaissaient les récompenses offertes pour le signalement de la dracunculose en 2024, un chiffre qui est passé à 94 % entre janvier et juin 2025. Tous les chiens du Mali sont attachés de juin à septembre, période de pointe de transmission de la dracunculose.

Soudan du Sud. Le Soudan du Sud a signalé six cas humains de dracunculose en 2024 et deux en 2023. Aucun cas n’a été signalé entre janvier et juin 2025, contre deux à la même période en 2024. Deux chats, un chien et une genette ont été infectés en 2024, ainsi que 14 petits carnivores porteurs de vers de Guinée non émergés. Aucun animal infecté n’a été détecté entre janvier et juin 2025. L’insécurité civile entrave la surveillance et les interventions. En décembre 2024, 2 490 villages étaient sous surveillance au Soudan du Sud.

La formation des agents de santé reste essentielle pour le succès du GWEP. Des milliers d’agents de santé ont été formés dans les pays touchés à la détection des cas, au confinement, à la notification, au traitement des lésions et à l’éducation sur l’eau potable.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.