Publié le 11 novembre 2025 à 09h23. Alors que la saison des infections bat son plein, le Dr Amel Havkic décrypte les mesures efficaces pour se protéger et protéger son entourage, en s’appuyant sur des données probantes et en démystifiant les idées reçues.
- La vaccination contre la grippe et un rappel contre le COVID-19 restent des piliers de la protection.
- Les masques FFP2 offrent une protection significativement supérieure aux masques chirurgicaux.
- Une ventilation régulière des espaces clos est essentielle pour réduire la concentration de virus dans l’air.
Avec le raccourcissement des jours, le rhume, la grippe, le virus respiratoire syncytial (VRS) et, bien sûr, le coronavirus circulent de nouveau activement. Face à cette recrudescence, il est crucial d’adopter des gestes simples mais efficaces pour limiter les risques d’infection, tant pour soi que pour les autres.
Avant même d’être exposé à un potentiel virus, certaines précautions peuvent être prises. La vaccination constitue une première ligne de défense importante : une vaccination annuelle contre la grippe et, si recommandé, un rappel contre le COVID-19 renforcent l’immunité et diminuent le risque de développer des formes graves de la maladie. Par ailleurs, des sprays nasaux antiviraux, comme ceux contenant de l’azélastine (initialement un antihistaminique), pourraient avoir un effet préventif, comme l’a démontré une étude en réduisant significativement le taux d’infection au SARS-CoV-2.
Ces sprays nasaux peuvent constituer une barrière supplémentaire, mais ne remplacent en aucun cas les mesures de prévention bien connues depuis la pandémie.
Lorsque l’on se trouve en présence d’autres personnes, les règles de base demeurent d’actualité : maintenir une distance physique, respecter les règles d’hygiène, porter un masque et aérer régulièrement les locaux. Il est conseillé de garder ses distances autant que possible. Dans les situations où cela est difficile, comme dans les transports en commun ou les salles d’attente, le port du masque s’avère une mesure simple et très efficace. Des études démontrent que les masques FFP2 bien ajustés réduisent considérablement le risque d’infection : si deux personnes portant un masque FFP2 sont en proximité pendant 60 minutes, le risque d’infection n’est que d’environ 0,4 %. En l’absence de masque, ce chiffre grimpe à environ 90 %.
Attention : les masques chirurgicaux offrent une protection limitée face aux virus, en raison de leur petite taille. Les masques FFP2, en revanche, protègent jusqu’à 75 fois plus efficacement.
Il est également important de respecter les règles d’étiquette en matière de toux et d’éternuements : se détourner et tousser ou éternuer dans le pli du coude. Éviter les poignées de main et se laver ou désinfecter régulièrement les mains, en particulier avant de toucher son visage, est également essentiel. Enfin, n’oubliez pas d’aérer régulièrement les pièces. L’air frais réduit considérablement le risque d’infection en diminuant la concentration de virus dans l’air.
Même après un éventuel contact avec un virus, il est possible d’agir. Le lavage des mains est primordial dès le retour à la maison. Certaines études suggèrent également que l’utilisation de bains de bouche virucides peut réduire temporairement la charge virale dans la gorge. Cela ne prévient pas l’infection, mais peut être un complément utile, notamment pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Le niveau de protection nécessaire varie en fonction des situations. Le risque d’infection est faible à l’extérieur ou dans de grands espaces bien ventilés avec peu de monde, et il est donc possible de s’en passer de masque. Cependant, dans les espaces intérieurs confinés, des mesures de protection sont recommandées. Si vous souhaitez vous protéger et protéger votre entourage, le port d’un masque (idéalement FFP2) et le respect des distances sont conseillés dans les transports en commun bondés ou les salles d’attente. Le port du masque est particulièrement utile lors de rassemblements importants, comme dans les clubs ou les cinémas.
La considération envers les autres est primordiale. Rester à la maison en cas de maladie, même si cela peut être contraignant, est un geste responsable. L’Institut Robert Koch recommande de se remettre d’un rhume pendant environ trois à cinq jours. Si vous devez sortir, portez un masque pour protéger les autres jusqu’à votre rétablissement.
N’oubliez pas que l’hygiène et la considération réduisent les risques pour tous. Évitez les poignées de main, lavez-vous les mains régulièrement et, si vous visitez une personne à risque (personne âgée, immunodéprimée), envisagez de vous tester au préalable (VRS, grippe, COVID) et de porter un masque par précaution.
Dr avec. univ. Amel Havkic, MBA, est l’une des plus jeunes médecins seniors d’Allemagne. Spécialisée en pneumologie, médecine respiratoire et troubles du sommeil, elle dirige un centre de compétence en médecine respiratoire moderne à Francfort.
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