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Protéines respectueuses de la planète | Institut des ressources mondiales

by Sophie Martin

Publié le 2024-07-04 10:22:00. Les recommandations alimentaires américaines mettent l’accent sur un apport accru en protéines, mais cette obsession protéique soulève des questions quant à son impact réel sur la santé et l’environnement, notamment en raison des différences significatives entre les sources de protéines.

  • Les nouvelles directives américaines encouragent une consommation de protéines pouvant aller jusqu’à deux fois les apports quotidiens recommandés.
  • La production de bœuf et d’agneau a un impact environnemental considérablement plus élevé que celle d’autres sources de protéines, comme les légumineuses ou la volaille.
  • Les alternatives végétales, telles que les haricots, les lentilles et le soja, offrent une solution durable et abordable pour répondre aux besoins en protéines.

L’engouement pour les protéines est devenu une véritable tendance de fond. Des influenceurs sur les réseaux sociaux aux entreprises agroalimentaires, en passant par les pouvoirs publics, tout le monde semble s’accorder sur un message : nous devons consommer davantage de protéines.

Les récentes recommandations alimentaires américaines confirment cette orientation, mettant en avant « les protéines, les produits laitiers et les graisses saines ». Ces directives incitent les Américains à augmenter leur consommation de protéines, potentiellement jusqu’à atteindre deux fois les apports journaliers recommandés par l’Institut des académies nationales de médecine.

Si un apport protéique plus important peut être justifié pour certaines populations, l’augmentation générale des niveaux recommandés pour le grand public suscite un débat, comme le souligne une analyse de PBS. Ce qui est indéniable, en revanche, c’est la diversité des moyens de satisfaire nos besoins en protéines, avec des conséquences variables sur notre santé et sur la planète.

Le bœuf et l’agneau, en particulier, présentent les coûts environnementaux les plus élevés parmi les aliments riches en protéines. Ces animaux, appelés ruminants, sont les plus gourmands en ressources pour l’élevage. Ils nécessitent de vastes superficies de terres, d’importantes quantités d’eau et de nourriture pour atteindre leur maturité, et peuvent même entraîner la conversion d’écosystèmes naturels, comme les forêts, en pâturages. De plus, les ruminants, tels que les vaches et les moutons, émettent du méthane – un puissant gaz à effet de serre – lors de leur digestion, notamment par leurs éructations.

La production de bœuf et d’agneau génère des émissions de gaz à effet de serre (GES), une utilisation intensive des terres et une pollution de l’eau, bien plus importantes que la plupart des alternatives, par unité de protéine. Par exemple :

  • La production d’un kilogramme de protéines de bœuf nécessite 20 fois plus de terres et émet 20 fois plus de GES qu’un kilogramme de protéines provenant de pois chiches, de haricots ou de lentilles.
  • Toutes les viandes ne se valent pas. La production de volaille et de porc, par exemple, émet environ 85 % de GES en moins que la production de viande bovine par kilogramme de protéines. Cependant, il est important de noter que le passage du bœuf à la volaille ou au porc peut impliquer d’autres compromis en matière de bien-être animal.
  • Le lait de vache produit environ trois fois plus d’émissions que d’autres options riches en protéines, comme le lait de pois et le lait de soja.

Les choix alimentaires relèvent de la sphère personnelle. L’intérêt majeur est qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre un régime riche en protéines et un régime respectueux de l’environnement.

Les repas à base de plantes, notamment les haricots, les lentilles, le soja, les noix et les graines, constituent d’excellentes sources de protéines, et sont souvent riches en autres nutriments essentiels, tels que les fibres et le fer. Ces ingrédients sont également généralement plus abordables que le bœuf.

Avec une offre croissante d’options végétales de qualité, privilégier des protéines moins gourmandes en ressources est un geste simple et concret que chacun peut adopter, pour sa propre santé, pour la nature et pour le climat.

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