Le Congrès démocratique africain (ADC) se trouve à la croisée des chemins, confronté à une situation délicate : la perspective de voir deux figures majeures de la scène politique nigériane, Atiku Abubakar et Peter Obi, briguer la présidence en 2027. Cette situation, bien que ne menaçant pas la stabilité du parti, nécessite une gestion stratégique pour éviter de freiner son développement.
Bolaji Abdullahi, secrétaire national à la publicité de l’ADC, a souligné lors d’une intervention à Arise Television que le parti est conscient de cette situation et souhaite la gérer de manière proactive, en définissant ses propres priorités plutôt que de laisser les médias ou les partis rivaux dicter le débat. « Nous ne sommes pas en crise, mais nous devons aborder cette question avec méthode », a-t-il déclaré.
À l’heure actuelle, l’ADC concentre ses efforts sur le renforcement de sa présence à travers le Nigeria. L’objectif est de s’implanter solidement dans les 36 États et le territoire de la capitale fédérale, en recrutant des candidats crédibles et en faisant connaître les valeurs et les objectifs du parti. Selon Abdullahi, il est essentiel de jeter des bases solides avant d’envisager les primaires présidentielles.
L’ADC privilégie une approche pragmatique, privilégiant la construction d’une véritable force politique à l’échelle nationale plutôt que de se laisser distraire par des querelles internes. « Il est rafraîchissant de voir un parti se concentrer sur le travail de fond avant de se lancer dans des manœuvres politiques », a commenté Abdullahi.
En ce qui concerne la désignation du candidat à la présidence, l’ADC misera en premier lieu sur le consensus. L’objectif est de trouver un candidat qui puisse rassembler les différentes sensibilités au sein du parti et présenter un front uni. À défaut de consensus, un processus de sélection ouvert sera organisé.
« Le consensus est une voie idéale, mais il est complexe à mettre en œuvre », a précisé Abdullahi. « La politique est faite d’ambitions, de soutiens et parfois de rivalités. Il faut du temps et des compétences en négociation pour trouver un terrain d’entente. »
L’ADC insiste sur le fait que la course à la présidence ne se limite pas à Atiku Abubakar et Peter Obi. D’autres personnalités sont également intéressées par la candidature du parti, et des discussions sont en cours avec d’autres formations politiques pour explorer les possibilités de coalition. « Atiku et Obi sont importants, mais ils ne sont pas les seuls acteurs en jeu », a affirmé Abdullahi.
La stratégie de l’ADC est délibérément lente et méthodique. Le parti préfère se concentrer sur la construction de sa base et le renforcement de son organisation plutôt que de se précipiter dans des déclarations hâtives. L’espoir est que cette approche permettra à l’ADC de devenir un partenaire plus attractif ou une force plus compétitive lors des négociations de 2027.
Cependant, cette stratégie comporte des risques. D’autres partis pourraient prendre des initiatives avant que l’ADC ne soit prêt, ce qui pourrait compliquer ses efforts. Néanmoins, l’ADC estime qu’une approche prudente est préférable à des décisions impulsives qui pourraient hanter le parti pendant des années.
En résumé, l’ADC est confronté à un défi complexe, mêlant gestion de marque, construction de coalition et politique interne. La question d’Atiku Abubakar et de Peter Obi est centrale, mais le parti insiste sur la nécessité de renforcer son organisation et d’élargir sa base avant de prendre des décisions stratégiques. L’approche privilégiée est le consensus, mais un processus de sélection ouvert sera organisé en cas d’échec. L’avenir de l’ADC dépendra de sa capacité à naviguer dans ces eaux troubles avec patience et pragmatisme.
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