Les anticipations d’une reprise de l’assouplissement quantitatif (QE) par la Réserve fédérale américaine ne semblent pas convaincre le marché obligataire, qui affiche une nervosité inattendue. Malgré les spéculations, les taux d’intérêt à court terme ont augmenté, suggérant que les investisseurs ne misent pas sur une expansion significative du bilan de la Fed.
Mardi, le taux des bons du Trésor à trois mois a progressé de deux points de base, atteignant 3,73 %. Ce mouvement est surprenant, car un programme de QE est généralement associé à une baisse des taux, dans la mesure où il vise à injecter des liquidités sur le marché et à stimuler l’économie. « On s’attendrait à ce que les taux baissent en prévision d’un tel programme, mais nous constatons le contraire », souligne l’analyse.
Il est plus probable, selon les observations, que la Fed se contente de réinvestir les titres arrivant à échéance dans de nouveaux bons du Trésor. Cette stratégie permettrait de maintenir la taille du bilan de la Fed stable, tout en modifiant sa composition et sa durée. En d’autres termes, il ne s’agirait pas d’une véritable expansion, mais d’un simple ajustement.
Par ailleurs, l’écart entre le taux SOFR (Secured Overnight Financing Rate) à un mois et les fonds fédéraux s’est élargi à environ +8 points de base. Cette divergence indique que le marché anticipe que le SOFR restera supérieur au taux directeur, ce qui témoigne de conditions de financement toujours tendues. Ce signal est en contradiction avec les effets attendus d’un assouplissement quantitatif, qui devrait normalement faciliter l’accès au crédit.
En conclusion, si la Fed devait effectivement élargir son bilan, cela pourrait prendre de court les acteurs du marché obligataire. L’évolution actuelle des taux et des écarts suggère que les anticipations ne sont pas alignées sur une politique monétaire plus accommodante.
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