Singapour a connu une détérioration de la qualité de l’air le 24 octobre 2026, avec des niveaux de pollution classés comme malsains. La National Environment Agency (NEA) attribue cette situation à la fumée provenant d’incendies à Sumatra et Kalimantan, transportée par les vents vers la cité-État, tout en prévoyant une amélioration grâce aux précipitations.
Évolution de la qualité de l’air et prévisions météorologiques
La situation atmosphérique à Singapour a été marquée par une dégradation nocturne le 24 octobre 2026. À 17 heures, les relevés de concentration de particules fines PM2.5 sur une heure variaient entre 33 et 97 µg/m³, plaçant ces mesures dans la bande « élevée ». Parallèlement, l’indice de standards de polluants (PSI) sur 24 heures oscillait entre 108 et 151, un niveau classé comme malsain, avec un pic enregistré dans la région ouest de l’île.
La National Environment Agency (NEA) a précisé que cette fumée provient principalement de Sumatra et de Kalimantan. Toutefois, les autorités météorologiques restent optimistes pour les jours à venir. Les vents devraient souffler du sud-ouest ou de l’ouest, ce qui pourrait limiter le transport de la fumée vers Singapour, a indiqué l’agence, soulignant que les averses prévues durant le week-end et le début de la semaine prochaine devraient contribuer à assainir l’air.

Nouvelles directives du ministère de la Main-d’œuvre pour les travailleurs
Face à la persistance du phénomène, le ministère de la Main-d’œuvre (MOM) a instauré de nouvelles directives le 20 octobre 2026. Ces mesures exigent que les employeurs ajustent les activités en extérieur en se basant sur les relevés horaires de PM2.5, en complément de l’indice PSI habituel utilisé pour la planification quotidienne. Le ministre d’État à la Main-d’œuvre, Dinesh Vasu Dash, a insisté sur l’importance de ces protocoles : La santé et la sécurité de nos travailleurs doivent toujours rester une priorité, surtout pendant les périodes de brume.
Les entreprises sont désormais tenues de suivre un protocole gradué :
- Réduction progressive : Diminuer les activités physiques intenses en extérieur dès que les niveaux de PM2.5 augmentent.
- Protection des vulnérables : Éviter toute activité extérieure intense pour les employés âgés, enceintes ou souffrant de maladies cardiaques ou pulmonaires chroniques.
- Équipement et repos : Fournir des masques N95 ou équivalents et instaurer des pauses en intérieur lorsque les niveaux de pollution sont jugés élevés ou très élevés.
Impact sur le secteur touristique et les visiteurs
Le secteur du tourisme, déjà confronté à une baisse d’activité, observe les conséquences de cette brume prolongée. Selon la Singapore Tourism Board, le nombre de visiteurs internationaux en septembre a légèrement fléchi de 2,2 % par rapport à l’année précédente. Certains opérateurs, comme VTL Travel, ont rapporté une baisse des réservations de 20 % à 30 % depuis septembre, accompagnée de demandes d’annulation pour 10 % à 20 % des voyages prévus.
Pour les touristes présents sur place, l’expérience est mitigée. C’est frustrant parce que je voulais découvrir Singapour au-delà de la conférence elle-même,
a confié Margaryta Ruchko, une visiteuse ukrainienne présente pour une conférence sur les cryptomonnaies. D’autres, comme le voyageur taïwanais Ted Zheng, ont choisi de maintenir leurs plans malgré l’inconfort, déclarant : Ce n’est pas parfait, mais c’est assez bien.
Actions contre les entreprises liées aux incendies
En parallèle des mesures de protection sanitaire, Singapour intensifie la pression sur les entreprises potentiellement responsables des incendies. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la pollution transfrontalière (Transboundary Haze Pollution Act), la NEA a émis des avis formels à l’encontre de 10 entreprises basées à Singapour, principalement actives dans les secteurs de l’huile de palme et de la foresterie. Ces firmes doivent désormais justifier de leurs structures corporatives et des mesures prises pour prévenir les feux dans leurs concessions indonésiennes.

Le ministère de la Loi a également annoncé la création d’un panel spécialisé composé de cabinets d’audit, d’enquête et juridiques. Cette instance aura pour mission d’examiner les chaînes d’approvisionnement et les relations commerciales transfrontalières afin de déterminer si des entreprises ont contribué à causer ou à tolérer les incendies à l’origine de la brume.