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Que signifie pour les conducteurs le revirement de l’UE en faveur des voitures essence et diesel ?

Publié le 17 janvier 2025. L'Union européenne a revu en profondeur sa stratégie pour la transition automobile, abandonnant l'objectif d'une interdiction totale des véhicules à essence et diesel d'ici 2035 au profit d'une réduction ambitieuse de 90 %…

Que signifie pour les conducteurs le revirement de l’UE en faveur des voitures essence et diesel ?

Publié le 17 janvier 2025. L’Union européenne a revu en profondeur sa stratégie pour la transition automobile, abandonnant l’objectif d’une interdiction totale des véhicules à essence et diesel d’ici 2035 au profit d’une réduction ambitieuse de 90 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.

  • L’UE abandonne l’interdiction des moteurs à combustion interne prévue pour 2035.
  • Un nouvel objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre pour les transports est fixé.
  • Le règlement Euro 7 finalisé se concentre sur les polluants issus de l’usure des freins et des pneus, ainsi que sur la durabilité des batteries.

Bruxelles a renoncé à une interdiction pure et simple des voitures à essence et diesel, une mesure qui se heurtait à une opposition croissante de l’industrie automobile et à des inquiétudes quant à son impact économique. Cette volte-face marque un compromis entre les ambitions écologiques de l’UE et les réalités du marché, où les constructeurs européens peinent à rivaliser avec la vitesse d’innovation de leurs concurrents chinois et coréens.

Le nouveau règlement, connu sous le nom de Euro 7, qui entrera en vigueur fin 2026, maintient les normes d’émissions Euro 6 pour les voitures particulières et les camionnettes. L’accent est désormais mis sur la réduction des polluants émis par tous les types de véhicules, y compris les véhicules électriques, en introduisant pour la première fois des limites pour les particules fines provenant de l’usure des freins et des microplastiques issus de l’abrasion des pneus.

Parallèlement, le règlement Euro 7 impose de nouvelles exigences en matière de durabilité des batteries. Les batteries électriques et hybrides devront conserver au moins 80 % de leur capacité après cinq ans ou 100 000 kilomètres (160 934 kilomètres), et leur conformité sera vérifiée jusqu’à 200 000 kilomètres (321 869 kilomètres). Cette mesure vise à garantir que les véhicules restent propres plus longtemps et à encourager le développement de batteries plus durables.

Atteindre une réduction de 90 % des émissions représente un défi majeur pour les constructeurs automobiles européens. La flotte automobile de l’UE émettait en moyenne environ 115 grammes de CO2 par kilomètre en 2021. Pour atteindre l’objectif fixé, la moyenne devra être ramenée à environ 11,5 grammes de CO2 par kilomètre. La plupart des véhicules hybrides classiques émettent actuellement entre 80 et 100 grammes de CO2 par kilomètre, ce qui signifie qu’une flotte dominée par ces modèles ne serait pas en mesure d’atteindre l’objectif.

Même les hybrides rechargeables (PHEV) les plus performants affichent des émissions officielles d’environ 20 à 25 grammes de CO2 par kilomètre. Pour atteindre l’objectif de 11,5 grammes, les constructeurs devront vendre au moins 50 à 60 % de véhicules entièrement électriques, afin de compenser les émissions des hybrides plus efficaces.

L’UE autorise une certaine flexibilité dans l’application de l’objectif de réduction de 90 %, en permettant aux constructeurs d’utiliser des véhicules fonctionnant avec des carburants électroniques neutres en carbone ou de recourir à des crédits pour l’acier « vert ». Cependant, la viabilité environnementale et économique des carburants électroniques reste incertaine. Ces carburants sont nettement moins efficaces que l’électrification directe, avec un rendement énergétique d’environ 16 % contre 77 % pour un véhicule électrique à batterie. De plus, leur combustion produit toujours des oxydes d’azote et d’autres polluants.

Économiquement, les carburants électroniques sont actuellement coûteux, avec des prix estimés entre 3 et 5 euros le litre. Ils pourraient donc se limiter à un marché de niche pour les voitures de sport haut de gamme.

Pour les automobilistes irlandais, ce revirement politique apporte une certaine clarté. L’absence d’une interdiction stricte en 2035 devrait stabiliser la valeur de revente des voitures à essence et diesel existantes. Cependant, le diesel devrait progressivement disparaître du marché des voitures neuves, en raison des coûts élevés liés au contrôle des émissions et des taxes. Il pourrait subsister comme carburant pour les véhicules lourds, pour lesquels la technologie des batteries n’est pas encore viable.

« Puisqu’il n’y aura plus d’interdiction légale stricte en 2035, la valeur de revente des voitures essence et diesel existantes restera probablement stable plus longtemps. »

Le paysage automobile des années 2030 sera donc marqué par une diversité de motorisations, avec une prédominance des véhicules entièrement électriques pour le grand public et des hybrides de haute technologie ou des moteurs compatibles avec les carburants électroniques pour des usages spécifiques. Il est probable que d’ici 2035, la grande majorité des voitures personnelles seront électriques, davantage en raison de la fiscalité que d’un choix délibéré des consommateurs.

L’UE a privilégié une approche plus souple et pragmatique, axée sur la stabilité économique, tout en maintenant l’objectif ambitieux d’une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.

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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ni ne reflètent les opinions de RTÉ.


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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.