Publié le 22 octobre 2025 03:30:00. La transition vers une agriculture plus durable nécessite une collaboration étroite entre chercheurs, agriculteurs et décideurs politiques. Une récente rencontre a mis en lumière cinq axes clés pour une co-création efficace en agroécologie, allant de la définition d’objectifs communs à la remise en question des pratiques établies.
- La co-création en agroécologie doit être guidée par une vision partagée et des objectifs clairs.
- Une collaboration équitable entre les différents acteurs, incluant agriculteurs, chercheurs et décideurs, est essentielle.
- L’innovation, l’expérimentation et l’adaptation sont des éléments cruciaux pour une transition réussie.
Une approche transdisciplinaire, dépassant les frontières traditionnelles des disciplines scientifiques, est au cœur des réflexions sur l’avenir de l’agroécologie. Lors d’une récente réunion du Forum des membres de l’AE-TPP (Agroecology – Transition to Practice Platform), les participants ont souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs concernés – agriculteurs, décideurs politiques, consommateurs – dans un processus de co-création des connaissances. L’intelligence artificielle pourrait également jouer un rôle dans cette démarche, selon les experts.
Selon Hauser, cinq domaines clés doivent être pris en compte pour favoriser une co-création efficace : l’orientation, la collaboration, l’innovation, la transformation et la culture. L’orientation implique de s’assurer que la co-création est guidée par une aspiration et un objectif partagés. La collaboration nécessite d’impliquer les bonnes personnes et les bons systèmes de connaissances de manière équitable. L’innovation doit encourager la créativité, l’expérimentation et les approches novatrices. La transformation vise à contribuer à un changement systémique et structurel. Enfin, la culture doit favoriser de nouvelles façons de travailler et renforcer les liens entre les acteurs.
Hauser a également insisté sur la nécessité d’adapter l’approche de co-création au contexte spécifique de chaque situation. Il a proposé cinq principes à cet effet : le contexte, le comportement, les compétences, la valeur et le soi. Il a souligné qu’il est essentiel de comprendre quel type de co-création est le plus pertinent dans chaque contexte. Il a également mis en avant la nécessité d’adopter de nouveaux comportements collectifs, qui émergent des interactions entre les différents acteurs. Cela implique, selon lui, que les établissements d’enseignement et de formation doivent repenser leurs approches pédagogiques.
« Les valeurs et les croyances que nous considérons comme importantes devront évoluer si nous voulons étendre la co-création en agroécologie, et notre définition de qui nous sommes en tant qu’agriculteur ou chercheur devra également être remise en question », a déclaré Hauser.
D’autres membres de la plateforme ont partagé des exemples concrets lors d’ateliers et de présentations. Baguilat irlandais, coordinatrice du programme Agriculture durable et Agricultrices, a décrit les efforts de son organisation pour mettre en œuvre la co-création à différents niveaux de gouvernance. Elle a souligné l’importance de valoriser le temps consacré à ces processus :
« La co-création de la vision et de l’orientation de la recherche a été possible grâce à un budget dédié, réparti entre tous les partenaires, qui se sont ainsi engagés dans cet effort collaboratif. »
Baguilat irlandais, coordinatrice de l’agriculture durable et du programme des agricultrices
Baguilat a également insisté sur l’importance d’une facilitation efficace et de l’évaluation de la préparation des acteurs à partager le pouvoir de décision. « Nous avons constaté que nous ne pouvions pas nous attendre à ce que les partenaires soient prêts à s’asseoir et à co-créer. Chaque partenaire devait être préparé par le facilitateur clé », a-t-elle précisé.
Maria Corazon Jimenez-Tan, professeure à l’Université des Philippines et membre du partenariat MASIPAG (Paysans-Scientifiques pour le développement de l’agriculture), a fait écho à l’appel de Hauser à une plus grande flexibilité des acteurs.
« Nous devons reconnaître les agriculteurs comme des scientifiques, et le rôle des scientifiques est de documenter et de valider les bonnes pratiques en agroécologie et de contribuer à leur diffusion. »
Maria Corazon Jimenez-Tan, professeure à l’Université des Philippines et membre du partenariat MASIPAG
La réunion annuelle du Forum des membres 2025 a été rendue possible grâce au soutien de l’Agence de développement du Liechtenstein (LED) et du projet Metrics financé par l’Union européenne.
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