Publié le 2024-10-27 14:35:00. L’antiviral remdésivir est recommandé pour les patients hospitalisés atteints de Covid-19 nécessitant une oxygénothérapie, mais son utilisation est contre-indiquée en cas de ventilation mécanique, selon des directives actualisées basées sur les dernières données cliniques.
- Le remdésivir doit être administré dès le diagnostic de Covid-19 symptomatique, avec une dose de charge initiale suivie de doses quotidiennes pendant cinq jours.
- Son efficacité est plus marquée chez les patients nécessitant une faible quantité d’oxygène, avec une réduction significative du risque de mortalité.
- Certaines conditions préexistantes, comme une insuffisance rénale ou hépatique sévère, constituent des contre-indications à l’utilisation du remdésivir.
L’administration de remdésivir, un antiviral, est désormais préconisée pour les adultes hospitalisés pour une forme sévère de Covid-19 qui requiert une supplémentation en oxygène, mais qui ne sont pas sous ventilation mécanique. Le protocole consiste en une dose initiale de 200 mg administrée par voie intraveineuse le premier jour, suivie de 100 mg par jour pendant cinq jours. Il est crucial d’initier le traitement le plus rapidement possible après la confirmation du diagnostic.
Les critères de sélection des patients sont précis : une saturation en oxygène inférieure ou égale à 94 % sur l’air ambiant, la nécessité d’une oxygénothérapie (à faible ou à haut débit), une fréquence respiratoire supérieure à 30 respirations par minute, ou encore la présence de signes de détresse respiratoire avec des infiltrats pulmonaires visibles à l’imagerie. Il est impératif de ne pas administrer le remdésivir aux patients déjà sous ventilation mécanique ou ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle), car les données suggèrent un risque accru de mortalité dans cette population.
Des études récentes, notamment une modélisation d’essai ciblé portant sur plus de 274 300 patients , ont démontré que l’administration de remdésivir dans les deux jours suivant l’admission à l’hôpital pouvait réduire la mortalité hospitalière à 30 jours de 3,1 %. L’effet le plus significatif a été observé chez les patients nécessitant une oxygénothérapie à haut débit.
La surveillance de la fonction hépatique (taux d’ALT et d’AST) et rénale (DFGe – débit de filtration glomérulaire estimé) est essentielle avant de commencer le traitement, ainsi que le temps de prothrombine. Pendant le traitement, une surveillance régulière de la fonction hépatique est recommandée, et le traitement doit être interrompu en cas d’augmentation significative des taux d’ALT (supérieure à 10 fois la limite supérieure de la normale) ou en présence de signes d’inflammation du foie. En cas de détérioration de la fonction rénale, une réévaluation est également nécessaire, car le Covid-19 lui-même peut provoquer une lésion rénale aiguë.
Le remdésivir est contre-indiqué en cas de DFGe inférieur à 30 mL/min/1,73 m², d’ALT supérieur à cinq fois la limite supérieure de la normale, ou d’hypersensibilité clinique au médicament. Il est également important de noter que ces recommandations ne s’appliquent pas aux femmes enceintes, aux patients présentant un dysfonctionnement hépatique sévère ou une insuffisance rénale sévère (DFGe < 30).
Les effets indésirables courants du remdésivir incluent des troubles métaboliques (hyperglycémie, hypokaliémie, hyponatrémie), hépatiques (augmentation des taux d’ALT/AST, augmentation de la bilirubine), rénaux (lésion rénale aiguë, augmentation de l’azote uréique dans le sang), gastro-intestinaux (nausées, vomissements, constipation) et hématologiques (anémie, thrombocytopénie). Ces effets sont généralement bien tolérés et conduisent rarement à l’arrêt du traitement.
La décision d’utiliser le remdésivir doit être prise au cas par cas, en tenant compte du contexte clinique du patient et en évitant son utilisation chez les patients hospitalisés pour d’autres raisons et qui ont été testés positifs au Covid-19 de manière fortuite. Les preuves soutenant l’utilisation du remdésivir sont considérées comme faibles à conditionnelles, avec une réduction modeste du délai d’amélioration clinique, mais un impact incertain sur la mortalité. Cependant, des données récentes de 2024 suggèrent une réduction significative du risque de mortalité (54 %) chez les patients nécessitant une oxygénothérapie.
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