Home MondeQuelles questions étaient les plus importantes pour les étrangers en Suisse en 2025 ?

Quelles questions étaient les plus importantes pour les étrangers en Suisse en 2025 ?

by Clara Dubois

L’immigration a dominé le débat public suisse en 2025, marquée par des propositions controversées visant à limiter l’accès au territoire et des initiatives encourageant l’intégration des étrangers. Alors que le pays se rapproche du cap des 10 millions d’habitants, les tensions autour de l’immigration devraient s’intensifier en 2026.

La proposition la plus médiatisée est sans doute l’initiative dite « non aux 10 millions », lancée par l’Union démocratique du centre (UDC). Cette initiative, qui sera soumise à référendum en juin 2026, vise à freiner drastiquement l’immigration lorsque la population suisse atteindra les 10 millions d’habitants. Plusieurs sondages d’opinion indiquent un fort soutien populaire à cette mesure.

Les élus, à l’exception de l’UDC, s’inquiètent des conséquences économiques d’une telle loi. Ils affirment qu’une limitation drastique de l’immigration serait préjudiciable à l’économie suisse.

Par ailleurs, l’année 2025 a été témoin de plusieurs refus locaux d’accorder le droit de vote aux résidents étrangers de longue durée. En novembre, les électeurs des cantons de Vaud (63,6 %) et d’Appenzell-Rhoden-Ausserrhoden (72,8 %) ont rejeté des propositions visant à accorder le droit de vote cantonal aux étrangers. Les opposants à ces mesures estiment que le droit de vote doit être réservé aux citoyens suisses, l’accès à la nationalité étant la voie à suivre pour les étrangers souhaitant participer à la vie politique.

Cependant, des signaux positifs sont apparus en matière de naturalisation. La ville de Bâle-Ville s’apprête à réduire significativement les frais de naturalisation. Le Parlement cantonal a voté en décembre une baisse des frais d’acquisition de la nationalité suisse, voire leur suppression totale dans certains cas. Les personnes de moins de 25 ans ne paieront plus que les taxes fédérales (100 francs), tandis que les personnes à faibles revenus seront également exonérées. Les tarifs pour les adultes de 25 ans et plus seront réduits à 900 francs, contre 1 750 francs actuellement.

Dans le canton de Zurich, certaines communes ont également assoupli les conditions d’obtention de la nationalité, en accordant moins d’importance aux entretiens personnels avec les demandeurs. Elles privilégient désormais l’évaluation de l’intégration du candidat à partir de lettres de motivation, dans lesquelles les demandeurs expliquent leur attachement aux valeurs et au mode de vie suisses.

Une étude récente souligne que les étrangers en Suisse présentent un niveau d’éducation élevé, un taux d’emploi très élevé et un fort engagement dans l’apprentissage des langues nationales. Le Conseil fédéral a reconnu que « dans l’ensemble, l’intégration sur le marché du travail se déroule très bien en Suisse », soulignant que le taux d’emploi des immigrants atteint 77 %, l’un des plus élevés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Près de la moitié d’entre eux occupent des emplois hautement qualifiés.

Des chiffres gouvernementaux publiés en novembre ont révélé que les salaires de certains résidents étrangers titulaires d’un permis B sont supérieurs à ceux des titulaires d’un permis C, et même à ceux des citoyens suisses. Cette situation s’explique par le fait que les postes de direction les plus élevés et les mieux rémunérés dans les entreprises multinationales sont souvent occupés par des ressortissants américains et britanniques, qui travaillent en Suisse avec un permis B.

« Les permis B sont souvent liés à des postes spécialisés ou supérieurs pour lesquels il y a parfois trop peu de candidats sur le marché suisse », a déclaré Samuel Mete, directeur principal d’Adecco.

L’année 2026 s’annonce riche en nouveaux débats et en évolutions réglementaires en matière d’immigration.

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