Publié le 13 novembre 2025 à 11h00. Même les parents les plus attentifs peuvent commettre des erreurs dans l’alimentation de leurs enfants. InfoCons protection des consommateurs décrypte les pièges les plus courants et propose des pistes pour une nutrition plus équilibrée.
- La pression exercée sur l’enfant pour qu’il termine son assiette peut avoir l’effet inverse et créer une aversion pour certains aliments.
- Une structure de repas désorganisée, avec des grignotages fréquents et une consommation excessive de boissons sucrées, peut réduire l’appétit lors des repas principaux.
- Récompenser ou consoler avec de la nourriture peut créer une association émotionnelle malsaine avec les aliments et favoriser une consommation excessive.
Les erreurs en matière d’alimentation infantile sont fréquentes, même chez les familles qui s’efforcent de faire les bons choix. InfoCons protection des consommateurs a identifié cinq erreurs majeures que les parents peuvent commettre involontairement.
Des habitudes alimentaires malsaines pour les plus petits
Il est courant de voir des parents insister pour que leur enfant termine son assiette ou accepte des aliments qu’il n’aime pas. Or, forcer, soudoyer (« mange tes légumes et tu auras un dessert ») ou punir en lien avec la nourriture a souvent des conséquences négatives. Si l’enfant peut manger un peu plus sur le moment, à long terme, cela risque d’associer la nourriture à une expérience désagréable et de le pousser à éviter les aliments proposés avec insistance. De plus, ignorer les signaux naturels de satiété peut perturber sa capacité à réguler son appétit et augmenter le risque de suralimentation.
Une autre erreur fréquente consiste à céder aux préférences limitées de l’enfant par peur qu’il n’ait faim, en lui préparant uniquement ce qu’il « sait qu’il va manger » (pommes de terre frites, pâtes nature) et en omettant les légumes ou d’autres options nutritives. À long terme, un régime alimentaire trop restrictif peut entraîner des carences et empêcher l’enfant d’apprécier de nouvelles saveurs. Il est important de faire preuve de patience et de proposer régulièrement de nouveaux aliments, même s’ils sont refusés au début.
Erreurs liées à la structure des repas et des collations
La structure des repas et des collations est également un point crucial. De nombreux enfants grignotent ou boivent tout au long de la journée, ce qui réduit leur appétit au moment des repas. Une consommation excessive de boissons caloriques (lait, jus naturels ou sucrés) peut notamment diminuer l’appétit. Il est préférable de proposer de l’eau entre les repas et d’éventuellement prévoir une petite collation saine, sans laisser l’enfant avec une bouteille ou un verre de jus à portée de main. Les collations continues peuvent également nuire à l’appétit : il est recommandé de limiter le nombre de collations à une ou deux par jour (par exemple, une collation au milieu de la matinée et une autre l’après-midi), et de privilégier des options nutritives comme des tranches de pomme avec du beurre de cacahuète, du yaourt nature ou quelques noix, plutôt qu’un grand bol de céréales sucrées ou de biscuits.
Récompenser ou consoler avec de la nourriture
Il est déconseillé de récompenser ou de consoler avec de la nourriture. Offrir des friandises en récompense (« si tu es sage, tu auras du chocolat ») transmet le message que les sucreries sont plus importantes que les autres aliments et que la nourriture « ordinaire » est une obligation. Des études montrent que l’utilisation d’un dessert comme récompense diminue l’attrait des aliments nutritifs (légumes, plat principal) et que l’enfant les perçoit comme quelque chose qu’il « doit » manger pour obtenir la récompense. De plus, les enfants fréquemment récompensés par des sucreries peuvent finir par manger en fonction de leurs émotions, associant les sucreries au réconfort ou aux éloges.
Comme l’explique Dan Cristian Verseau, PhD, Professeur et Président du Sénat du Département des sciences alimentaires de l’Université des Sciences Agronomiques et de Médecine Vétérinaire Cluj-Napoca, en Roumanie :
« Le sucre favorise la libération de dopamine, un neurotransmetteur lié au plaisir. C’est pourquoi il est difficile de faire manger des légumes aux enfants, car ils n’ont pas le même effet sur la production de dopamine. »
Dan Cristian Verseau, Professeur et Président du Sénat
Il souligne également que la consommation excessive de sucre peut entraîner une suractivation du système de récompense et une perte de contrôle du poids.
Restrictions excessives sur l’alimentation des enfants
Les restrictions excessives, comme l’interdiction totale de tout aliment considéré comme « malsain », peuvent également être contre-productives. L’enfant aura alors encore plus envie de l’aliment interdit et, lorsqu’il en aura l’occasion, il en mangera trop. La modération est donc essentielle : les sucreries et les collations « plaisir » ne doivent pas être complètement supprimées, mais proposées rarement et en petites quantités.
Manque d’exemple personnel
Enfin, le manque d’exemple personnel est une erreur fréquente. Les enfants apprennent par imitation : si les parents grignotent des chips sur le canapé et évitent la salade, il est peu probable que les enfants acceptent volontiers les légumes. À l’inverse, les parents qui mangent eux-mêmes des légumes et des fruits, et qui montrent à leur enfant qu’ils apprécient ces aliments, augmentent les chances que le petit suive le modèle. En d’autres termes, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un enfant mange du brocoli si les parents ne mangent pas eux-mêmes des légumes.
Il est donc important de transformer l’heure du repas en un moment agréable et détendu, sans disputes sur l’alimentation, et d’adopter progressivement des habitudes plus saines en famille, plutôt que de les imposer uniquement à l’enfant.
Dan Cristian Verseau
PhD, hab., Professeur,
Président du Sénat
Département des sciences alimentaires
Université des Sciences Agronomiques et de Médecine Vétérinaire Cluj-Napoca, Roumanie
Membre correspondant de l’Académie roumaine
Membre élu de l’Academia Europaea
Site web: http://danvodnar.ro

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