Publié le 2024-02-27 14:35:00. Une étude de l’université Harvard révèle que même une activité physique modérée peut ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer chez les personnes présentant déjà des marqueurs biologiques de la maladie, offrant ainsi de nouvelles perspectives sur la prévention du déclin cognitif.
- L’étude démontre que la marche, même à un rythme modéré, peut freiner l’accumulation d’une protéine clé impliquée dans la maladie d’Alzheimer.
- Les bénéfices de l’exercice sont particulièrement notables chez les individus présentant déjà des niveaux élevés de bêta-amyloïde, un précurseur de la maladie.
- Le seuil de 10 000 pas quotidien, souvent recommandé, ne serait pas nécessaire pour observer des effets positifs.
Des chercheurs de la Harvard Medical School ont suivi pendant jusqu’à 14 ans près de 300 participants âgés de 50 à 90 ans, dans le cadre de la Harvard Aging Brain Study. L’objectif était de comprendre comment l’activité physique influence les mécanismes biologiques de la maladie d’Alzheimer et, par conséquent, le déclin cognitif.
L’étude s’est concentrée sur deux protéines spécifiques : la bêta-amyloïde et la protéine tau. Si la bêta-amyloïde s’accumule en premier, c’est l’accumulation de protéine tau qui est plus directement liée à la perte de fonctions cognitives. Les participants ont été régulièrement soumis à des tests cognitifs et à des examens d’imagerie cérébrale, tout en portant des podomètres pour mesurer leur niveau d’activité physique.
Les résultats indiquent que l’exercice physique a un impact significatif sur l’accumulation de protéine tau, mais uniquement chez les participants présentant déjà des niveaux élevés de bêta-amyloïde. Chez ces personnes, la marche a permis de ralentir l’accumulation de tau, un mécanisme considéré comme essentiel pour freiner la progression de la maladie. En revanche, les niveaux de bêta-amyloïde n’ont pas été affectés par l’activité physique.
Chez les personnes présentant de faibles niveaux de bêta-amyloïde, donc un faible risque de développer la maladie d’Alzheimer, l’activité physique n’a pas eu d’effet notable sur leur évolution cognitive. En revanche, la combinaison d’un mode de vie sédentaire et de niveaux élevés de bêta-amyloïde s’est avérée particulièrement préjudiciable.
« La conclusion encourageante est que même un peu de mouvement aide. »
Wai-Ying Wendy Yau, médecin et chercheuse sur les troubles de la mémoire à la Harvard Medical School et co-auteur de l’étude
Selon Jasmeer Chhatwal, co-auteur de l’étude, les personnes présentant ces caractéristiques sont les plus susceptibles de connaître un déclin cognitif et celles pour lesquelles des interventions visant à réduire la sédentarité pourraient avoir le plus grand impact.
« Ceux-ci sont les plus susceptibles de connaître un déclin au fil du temps et représentent le groupe dans lequel les interventions visant à lutter contre la sédentarité peuvent avoir le plus grand impact. »
Jasmeer Chhatwal, co-auteur de l’étude
Les experts soulignent que cette étude apporte une première indication claire de la manière dont l’exercice influence les processus biologiques de la maladie d’Alzheimer, suggérant que l’effet protecteur est lié au ralentissement de l’accumulation de protéine tau. Les chercheurs recommandent ainsi d’encourager les personnes âgées, en particulier celles à risque, à augmenter progressivement leur activité physique, même de quelques milliers de pas par jour.
