Publié le 26 décembre 2025 à 23h24. L’éditeur de jeux vidéo Take-Two a envoyé une demande de cessation et d’abstention à la plateforme DOS Zone, qui proposait une version jouable dans un navigateur du classique Grand Theft Auto : Vice City. Cette action soulève des questions sur la préservation des jeux vidéo et le respect des droits d’auteur à l’ère numérique.
- Take-Two demande la suppression de Grand Theft Auto : Vice City de DOS Zone.
- DOS Zone se présente comme un projet communautaire axé sur la préservation et l’accessibilité des jeux vidéo.
- Le droit d’auteur de Vice City est protégé aux États-Unis jusqu’en 2097, et Take-Two continue d’exploiter commercialement le jeu.
La possibilité de jouer à Grand Theft Auto : Vice City (sorti initialement en 2002 sur PlayStation 2, puis sur Xbox et PC en 2003) directement dans un navigateur web, sans installation, a suscité l’attention. DOS Zone proposait une version jouable avec des sauvegardes locales et, optionnellement, dans le cloud via la plateforme js-dos. Cependant, la progression était limitée après une première séquence, incitant les utilisateurs à fournir un fichier de jeu original pour continuer.
Take-Two a réagi en envoyant une demande de cessation et d’abstention à DOS Zone, un document que la plateforme elle-même a rendu public. L’avis accuse DOS Zone d’héberger et de promouvoir un projet non autorisé basé sur Vice City et exige la suppression du jeu et de toutes les fonctionnalités associées, sous peine de poursuites judiciaires.
Une demande de cessation et d’abstention n’est pas une décision de justice, mais un avertissement formel. Elle vise à contraindre le destinataire à supprimer le contenu litigieux, tout en établissant une trace de la réclamation. La plateforme concernée se trouve alors face à un choix clair : se conformer à la demande ou assumer les risques d’une escalade du conflit, pouvant aller jusqu’à une action en justice ou une communication avec le fournisseur d’hébergement.
Dans ce cas précis, la demande n’a pas été transmise directement par Take-Two, mais par l’intermédiaire d’ EBRAND, une société spécialisée dans la surveillance numérique et la suppression de contenus. Ce modèle est courant pour les grands catalogues de droits, où la détection et la gestion des violations potentielles sont externalisées à des équipes dédiées. EBRAND agit comme un intermédiaire technique et juridique, documentant le dossier et transmettant les demandes de l’ayant droit sans évaluer le contexte du projet concerné.
DOS Zone se positionne comme un projet porté par des passionnés de jeux vidéo, dont l’objectif est la préservation et l’accessibilité des œuvres. Dans son manifeste, l’équipe affirme ne rechercher aucun profit financier, ne pas afficher de publicité et ne pas monétiser l’accès aux jeux qu’elle propose. Elle se dit également opposée à toute forme de distribution illégale et assure opérer dans le respect des lois en vigueur. DOS Zone se déclare prête à supprimer immédiatement tout contenu sur demande officielle et à coopérer avec les ayants droit.
L’affaire relance le débat sur l’accès et la préservation des jeux vidéo, notamment autour du concept d’« abandonware ». Cependant, ce terme n’a aucune valeur juridique : le simple fait qu’une œuvre ne soit plus commercialisée ou qu’elle change de format ne fait pas disparaître les droits d’auteur. Dans le cas de Vice City, le droit d’auteur aux États-Unis est valable jusqu’en 2097, quel que soit le mode d’accès au jeu.
De plus, l’argument de l’abandonware ne tient pas dans ce cas précis, car Take-Two continue de vendre Vice City, y compris dans des versions remastérisées comme « Grand Theft Auto : Vice City – The Definitive Edition », sur diverses plateformes. L’éditeur continue donc d’exploiter commercialement le jeu plus de vingt ans après sa sortie initiale, ce qui justifie sa position ferme contre toute exécution non autorisée.
Images | Jeux Rockstar/Take-Two | Capture d’écran de DOS Zone
