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Qu’est-ce qui pourrait faire éclater la bulle de l’IA ?

Publié le 14 octobre 2025 à 06h10. L'ascension fulgurante des valorisations des entreprises technologiques, notamment dans le secteur de l'intelligence artificielle, suscite des inquiétudes quant à une possible correction boursière rapide, certains experts pointant du doigt un décalage…

Qu’est-ce qui pourrait faire éclater la bulle de l’IA ?

Publié le 14 octobre 2025 à 06h10. L’ascension fulgurante des valorisations des entreprises technologiques, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle, suscite des inquiétudes quant à une possible correction boursière rapide, certains experts pointant du doigt un décalage entre les prix et les réalités économiques.

  • La valeur d’OpenAI a plus que triplé en quelques mois, atteignant 500 milliards de dollars (431 milliards d’euros).
  • Des institutions financières comme la Banque d’Angleterre et JP Morgan mettent en garde contre un risque de bulle spéculative dans le secteur de l’IA.
  • La question centrale est de savoir si les valorisations actuelles reposent sur un potentiel réel ou sur un optimisme excessif.

L’intelligence artificielle connaît une croissance rapide et prometteuse, avec des applications potentielles dans des domaines aussi variés que la santé, l’emploi et la recherche scientifique. Cette effervescence se traduit par une flambée des valorisations boursières des entreprises du secteur. OpenAI, par exemple, a vu sa valeur grimper de 157 milliards de dollars (135 milliards d’euros) en octobre dernier à 500 milliards de dollars (431 milliards d’euros) aujourd’hui. Anthropique, une autre entreprise spécialisée, a quant à elle presque triplé sa valorisation en six mois.

Cependant, cette croissance exponentielle n’est pas sans susciter des inquiétudes. La Banque d’Angleterre et JP Morgan ont récemment émis des avertissements concernant un risque de « correction » rapide, craignant que les valorisations actuelles ne soient pas justifiées par les fondamentaux économiques. La question posée est simple : ces valeurs reflètent-elles le potentiel futur de l’IA ou simplement l’enthousiasme et les espoirs des investisseurs ? Il est difficile de déterminer si l’on se trouve face à une bulle, mais les signaux d’alerte sont de plus en plus nombreux.

Lors d’une émission de RTÉ Radio 1, des experts ont comparé la situation actuelle au boom des années 1990 autour des entreprises internet, soulignant le risque de voir les investissements dans l’IA subir le même sort. Comme le souligne un parallèle historique, en 2000, le Daily Mail osait affirmer que l’internet pourrait n’être qu’une mode passagère, peu de temps avant l’éclatement de la bulle des dotcoms.

L’éclatement d’une bulle, bien que potentiellement dévastateur à court terme, n’empêche pas nécessairement le développement à long terme d’une technologie. L’internet, par exemple, a prouvé sa pérennité malgré la crise de 2000. Néanmoins, les bulles spéculatives sont extrêmement perturbatrices, entraînant des chutes boursières, des pertes de retraites, une augmentation du chômage et un gaspillage des investissements. L’enthousiasme démesuré tend à concentrer les capitaux sur un nombre limité d’entreprises, au détriment du potentiel d’innovation globale.

Le premier signe d’une bulle est actuellement visible : une augmentation rapide des valorisations. Si cette tendance s’inverse et que les valorisations chutent, cela confirmera l’existence d’une bulle. Si, au contraire, elles continuent de croître, cela pourrait signaler l’émergence d’un nouveau marché durable axé sur les technologies de pointe.

Une autre question cruciale concerne la rentabilité des entreprises d’IA. OpenAI, malgré sa valorisation impressionnante de 500 milliards de dollars (431 milliards d’euros), n’est pas encore rentable et pourrait avoir besoin de dix fois plus de revenus pour atteindre l’équilibre. L’entreprise a même enregistré des pertes de 7,8 milliards de dollars (6,73 milliards d’euros) au premier semestre de cette année. Une part importante de cette valorisation repose sur un nouvel accord entre OpenAI et Nvidia, où Nvidia investit dans OpenAI et OpenAI achète des puces Nvidia. Ce financement circulaire maintient artificiellement les valorisations à un niveau élevé, mais les investisseurs finiront par exiger des rendements concrets.

Les quatre géants technologiques – Meta, Alphabet, Microsoft et Amazon – dépensent cette année l’équivalent du PIB du Portugal pour l’infrastructure de l’IA. Cet investissement massif ne se limite pas à la publicité ciblée, mais représente un pari sur l’avenir de l’IA. La bulle éclatera si et quand cet avenir s’avérera incertain.

OpenAI explore également des options de publicité et envisage d’utiliser ses chatbots pour recommander des produits. Cependant, il est crucial d’éviter les techniques de manipulation courantes sur les plateformes en ligne, telles que les fausses alertes de disponibilité limitée sur les sites de réservation d’hôtels. L’IA pourrait amplifier la puissance de ces pratiques, soulevant des questions sur la fiabilité des recommandations des chatbots.

Richard Whittle est chercheur en IA et prise de décision humaine à l’Université de Salford, et Stuart Mills est professeur adjoint d’économie à l’Université de Leeds.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ni ne reflètent les opinions de RTÉ.


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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.