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Questions sur la mission de la BBC alors que les problèmes de Trump s’aggravent

by Clara Dubois

Publié le 1er décembre 2025 à 17h11. La BBC est secouée par une série de démissions et d’accusations de partialité, alimentant les craintes d’une érosion de la confiance dans le service public britannique. L’affaire a été déclenchée par des controverses concernant la couverture médiatique de Donald Trump et des accusations d’autocensure.

  • Les démissions du directeur général Tim Davie et de la PDG de News Deborah Turness ont été motivées par la fuite d’une note interne critiquant la couverture médiatique de la BBC.
  • L’historien Rutger Bregman accuse la BBC d’avoir supprimé une phrase critique à l’égard de Donald Trump de ses conférences Reith.
  • Le conseil d’administration de la BBC a été interrogé par les députés sur les accusations de partialité et le manque de contrôle interne.

Une crise profonde traverse la BBC, fragilisée par des accusations de partialité et des démissions en cascade. L’affaire a débuté avec la révélation d’une note interne rédigée par un ancien conseiller éditorial, Michael Prescott, qui pointait du doigt des biais potentiels dans la couverture médiatique de l’entreprise, notamment concernant la guerre à Gaza, les questions transgenres et, surtout, la couverture de l’ancien président américain Donald Trump.

La note en question portait sur un montage d’un reportage de l’émission Panorama, que la BBC elle-même a reconnu comme ayant pu donner une “impression erronée” selon laquelle Donald Trump avait incité à la violence le 6 janvier 2020. Suite à cela, l’ancien président a menacé de porter plainte pour un montant d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros). La BBC s’est excusée pour cet épisode, mais a refusé de verser une compensation à M. Trump.

L’affaire a pris une nouvelle tournure lorsque l’historien néerlandais Rutger Bregman a accusé la BBC d’avoir cédé à la pression de Donald Trump en supprimant une phrase de sa conférence Reith, une série de conférences annuelles commandées par la BBC. Sur Instagram, M. Bregman a affirmé que la BBC avait retiré une phrase où il qualifiait M. Trump de “président le plus ouvertement corrompu de l’histoire américaine”.

« Quand les institutions commencent à s’autocensurer parce qu’elles ont peur de ceux qui sont au pouvoir, c’est à ce moment-là que nous devons tous y prêter attention. »

Rutger Bregman, historien

La BBC a justifié cette suppression par des considérations juridiques, affirmant que tous ses programmes doivent respecter les directives éditoriales de l’entreprise. Elle refuse cependant de répéter la phrase en question dans sa couverture de l’affaire.

Le scandale a conduit à l’audition du conseil d’administration de la BBC devant la commission de la culture et des médias du Parlement britannique. Michael Prescott a témoigné devant les députés, insistant sur le fait qu’il n’avait pas cherché à “saper” la BBC et se décrivant comme un “centriste”. Il a également nié que ses critiques relevaient d’une attaque de droite contre l’entreprise. Il a affirmé que sa note visait à signaler un problème “naissant” au sein de l’organisation.

Le nouveau président de la BBC, Samir Shah, a également été interrogé, mais n’a pas convaincu Caroline Dinenage, présidente du comité restreint de la culture. Selon la BBC, Mme Dinenage a exprimé son inquiétude face à un manque de “contrôle au cœur de la gouvernance de la BBC” et a douté de la capacité du conseil d’administration à agir rapidement et de manière décisive.

« Nous recherchions vraiment des preuves tangibles que le conseil d’administration de la BBC allait s’emparer de cette question… Je ne suis pas entièrement convaincue qu’ils le puissent et qu’ils le feront. »

Caroline Dinenage, présidente du comité restreint de la culture

La BBC est actuellement à la recherche d’un nouveau directeur général, avec la création d’un poste de directeur général adjoint dédié au journalisme. Cependant, ce processus prendra du temps, et l’incertitude quant à la position du président de la BBC ne contribue pas à stabiliser la situation. La crise semble donc loin d’être résolue, et la confiance du public dans le service public britannique est de plus en plus fragile.

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