Après plus de quarante ans de recherche, une femme du centre de la Floride a été arrêtée et accusée d’avoir enlevé sa propre fille en 1983. Cette affaire, qui avait laissé une famille dans l’incertitude pendant des décennies, a connu un rebondissement spectaculaire grâce à un signalement anonyme et des avancées en matière d’identification.
À retenir
- Debra Newton, 67 ans, a été arrêtée le 15 décembre dans les Villages, en Floride, pour enlèvement parental.
- Sa fille, Michelle Newton, disparue en 1983, a été retrouvée et réunie avec son père et sa famille.
- Un appel anonyme au centre d’Échec au crime a été déterminant pour relancer l’enquête et mener à l’arrestation.
L’arrestation de Debra Newton a eu lieu le 15 décembre dernier, alors qu’elle promenait son chien dans son quartier des Villages. Les policiers, alertés par un indice provenant du centre d’Échec au crime, l’ont interpellée alors qu’elle se faisait appeler “Sharon”. Selon les premiers éléments de l’enquête, la suspecte semblait confuse et a affirmé ne pas comprendre les raisons de son arrestation, même face à son mari.
L’affaire remonte au 2 avril 1983. Debra Newton avait alors déclaré à son mari, Joseph Newton, qu’elle déménageait en Géorgie pour un nouvel emploi et préparer leur installation. Après un dernier appel téléphonique, Debra et leur fille, Michelle, ont disparu. Le bureau du shérif du comté de Jefferson, à Louisville, dans le Kentucky, avait été immédiatement informé de leur disparition.
Pendant des années, l’enquête a piétiné. Debra Newton a été inculpée d’ingérence dans la garde et a figuré un temps parmi les fugitifs les plus recherchés par le FBI pour enlèvement parental. Les raisons qui l’ont poussée à fuir avec sa fille restent inconnues.
La percée est venue grâce à un signalement anonyme au centre d’Échec au crime, qui a permis d’identifier une femme correspondant au profil de Debra Newton vivant sous un faux nom dans les Villages. Une comparaison photographique récente avec une image datant de 1983, ainsi qu’une analyse ADN confirmant une correspondance à 99 % avec sa sœur, ont permis d’établir son identité avec certitude.
Parallèlement, Michelle Newton, vivant elle aussi sous une fausse identité, a fini par prendre contact avec le bureau du shérif du comté de Jefferson en tant qu’adulte. Les autorités ont alors pu faciliter sa réunion avec son père et le reste de sa famille.
« Elle nous a confié qu’elle n’avait pas réalisé qu’elle était une victime avant de prendre conscience de tout ce qu’elle avait manqué », a déclaré le colonel Healey, du bureau du shérif du comté de Jefferson.
Le Centre national pour les enfants disparus et exploités avait continué à diffuser des informations sur la disparition de Michelle, même après plus de quatre décennies. John Bischoff, de l’organisation, a souligné l’importance de maintenir l’attention du public sur ces affaires :
« La pire chose que l’on puisse faire est d’arrêter de chercher parce que ces enfants doivent être retrouvés, ils sont là-bas », a-t-il déclaré.
Debra Newton a été extradée vers le Kentucky, où elle est poursuivie pour ingérence dans la garde, un délit qui ne souffre pas de prescription. Cette affaire souligne l’importance des signalements et de la persévérance des forces de l’ordre dans la résolution des affaires de personnes disparues, même après des décennies.
Sources
- Bureau du shérif du comté de Jefferson, Louisville, KY
- Centre national pour les enfants disparus et exploités
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