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Ralitsa Simeonova à FAKTI : Borisov essaie de faire preuve de force et de puissance, mais son comportement trahit son impuissance ᐉ Actualités de Fakti.bg – Opinions

by Nicolas Lefèvre

Publié le 3 novembre 2025 à 11h22. Les élections municipales à Pazardjik et les remaniements politiques qui s’ensuivent en Bulgarie révèlent une crise de confiance envers le processus électoral et une redistribution des forces au sein du gouvernement, avec une influence croissante du parti “DPS – Nouveau Départ”.

  • Les résultats des élections locales à Pazardjik confirment les soupçons de manipulation électorale et de distorsion des résultats.
  • Le parti GERB perd du terrain, tandis que le “DPS – Nouveau Départ” semble gagner en influence, potentiellement aux dépens de PP-DB.
  • Les changements récents au sein du Parlement et de l’administration présidentielle témoignent d’une volonté de limiter les pouvoirs du président Roumen Radev.

Les élections municipales de Pazardjik, bien que locales, ont déclenché une onde de choc à travers la scène politique bulgare. Ralitsa Simeonova, politologue, analyse les implications de ces résultats et les dynamiques de pouvoir en jeu. Selon elle, le succès de la formation de Delyan Peevski, issue d’une scission du DPS (Mouvement pour les droits et les libertés), avec le plus grand nombre de conseillers municipaux, renforce l’impression d’une manipulation du processus électoral, une perception déjà présente après les dernières élections législatives.

Cette suspicion généralisée d’inéquité électorale démotive les citoyens et favorise le vote contrôlé, exacerbant ainsi les distorsions des résultats. L’absence de réponses adéquates de la part des autorités compétentes pour lutter contre ces pratiques ne fait qu’alimenter la perte de confiance dans le système électoral. Le faible taux de participation, conséquence directe de ce manque de confiance, profite aux partis dominants, qui n’ont donc pas d’incitation à changer la donne, à moins d’une forte pression citoyenne.

Les résultats de Pazardjik signalent un affaiblissement du parti GERB, qui a obtenu un score humiliant, arrivant en sixième position. Ralitsa Simeonova estime que le “nouveau départ” de Peevski absorbe progressivement GERB, malgré les tentatives de Borissov de maintenir une façade de force. Elle souligne une relation asymétrique entre les deux hommes, où Borissov semble se trouver dans une position subordonnée.

Parallèlement, PP-DB (Poursuivre le changement – Bulgarie démocratique) est confronté à une lutte pour sa survie et la préservation de son identité. L’alliance a, selon la politologue, contribué à son propre déclin en acceptant de gouverner avec GERB et, de manière informelle, avec le DPS, ce qui a eu pour effet de réhabiliter ces derniers après les manifestations de 2020. “Il semble que PP soit la cible”, affirme-t-elle, anticipant une tentative de dépersonnalisation et de réutilisation ultérieure de sa base électorale.

Les récentes rotations au sein du Parlement, notamment le remplacement de Natalia Kiselova à la présidence de l’Assemblée nationale, sont également analysées. Si Kiselova a terni sa réputation, ce changement peut aussi être interprété comme une tentative de réhabilitation de GERB après son revers à Pazardjik, avec le soutien du “DPS – Nouveau Départ” de Delyan Peevski. Cependant, Ralitsa Simeonova met en garde contre une dévalorisation du rôle du président de l’Assemblée nationale, une fonction essentielle à la démocratie, en raison de la pratique de la présidence tournante.

Le BSP (Parti socialiste bulgare) a soutenu l’élection de Kiselova, mais sa position actuelle est précaire. Compte tenu de la diminution de son influence et de son potentiel électoral, le BSP semble prêt à accepter cette décision pour continuer à bénéficier de sa participation au pouvoir. ITN (Il y a un tel peuple) reste silencieux, un comportement interprété par Ralitsa Simeonova comme un aveu d’impuissance et de dépendance.

Selon la politologue, le rôle du BSP et d’ITN dans le gouvernement est désormais purement formel, leur influence sur le processus décisionnel diminuant progressivement. Leur participation à la coalition les conduit, à terme, à leur propre disparition, leur poids électoral étant devenu négligeable face à la montée en puissance du “DPS – Nouveau Départ”, qui dicte désormais l’agenda politique.

L’intégration du “DPS – Nouveau Départ” aux réunions du Conseil de Gestion Paritaire, sans droit de vote, est perçue comme une étape vers une inclusion formelle dans la coalition au pouvoir, ou comme une démonstration de l’influence réelle de Peevski sur le gouvernement.

Enfin, Ralitsa Simeonova aborde la question de la limitation des pouvoirs présidentiels, un processus en cours depuis plusieurs années. Elle critique les modifications constitutionnelles et législatives motivées par la personne du président Rumen Radev, les qualifiant d’immaturité et d’irresponsabilité politique. Elle souligne que le “retrait” de l’administration présidentielle des voitures de l’ONS a paradoxalement profité au chef de l’État en lui offrant une opportunité de relations publiques. Quant aux modifications apportées aux lois affectant les services de sécurité, elle doute de leur impact réel, soulignant la persistance de soupçons de dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordre.

Concernant l’avenir du cabinet “Jeliazkov”, Ralitsa Simeonova se montre prudente. Bien que la coalition semble stable pour l’instant, la dynamique géopolitique et les questions publiques non résolues pourraient entraîner des bouleversements, notamment avec l’introduction imminente de l’euro et les tensions sociales qu’elle pourrait engendrer.

Enfin, elle relativise la portée symbolique du projet de loi présenté par “Vazrazhdane” visant à interdire aux personnes sanctionnées en vertu de la loi Magnitski d’exercer des fonctions politiques, estimant qu’il s’agit d’une démarche destinée à consolider le soutien de leurs sympathisants plutôt qu’à produire des effets concrets. Elle anticipe également une crise potentielle liée à la question de Lukoil et aux sanctions américaines, qui pourraient entraîner une pénurie de carburant ou une flambée des prix, et potentiellement la chute du gouvernement.

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