Technologie et science Rapatrier les centres de données en France contre une mauvaise idée
Rapatrier les centres de données en France soulève un débat entre souveraineté technologique et urgence écologique.
Rapatrier les centres de données en France soulève un débat entre souveraineté technologique et urgence écologique. Alors qu’un récent rapport du Sénat et des acteurs institutionnels encouragent ce déploiement pour des raisons stratégiques et environnementales, des experts pointent l’opacité de ces infrastructures et leurs besoins massifs en eau, en foncier et en énergie.
Le débat sur la relocalisation des infrastructures numériques en France met aux prises des objectifs politiques et des réalités écologiques complexes. À l’occasion du cycle de conférence FOST (Future of Software Technologies Conference), le cofondateur du bureau d’étude Hubblo, Benoit Petit, a rappelé ce n’est pas parce qu’on est en démocratie que l’information est libre ni qu’on a les bonnes données qui alimentent les bonnes politiques et les bonnes trajectoires
, pointant le manque de transparence entourant l’implantation de ces structures.
La souveraineté numérique face aux impératifs climatiques du Sénat
Les centres de données hexagonaux s’apprêtent à devenir des projets d’intérêt national majeurs (PINM) tout en cultivant une certaine opacité sur leur empreinte carbone. La France cherche à accélérer leur déploiement, motivée à la fois par des aspects économiques et écologiques. Un récent rapport du Sénat encourage cette expansion pour des raisons environnementales, tandis que de nombreux efforts politiques visent la souveraineté stratégique.
Pour Sébastien Soriano, directeur général de l’IGN et auteur de La Fabrique de la souveraineté
, la démarche française doit se distinguer des modèles étrangers. Ancien président de l’Arcep, il défend l’idée que l’IA à la française ne doit pas ressembler à l’IA américaine
. Selon lui, la nation gagnerait à privilégier des modèles plus frugaux et locaux plutôt qu’une multiplication de centres géants.
L’arrivée des grands acteurs, ou hyperscalers, modifie profondément l’échelle des consommations électriques. Benoit Petit souligne l’évolution de ces structures : Un centre de données en France en 2024 c’est 7,5 Mégawatts. Un hyperscaler à l’époque dépassait rarement les 200 mégawatts. Aujourd’hui on parle d’installations à 700, 1000 ou 1200 mégawatts
. Une telle puissance électrique correspond à celle d’un réacteur nucléaire.