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Santé

réaction d’un expert suite à une étude sur un foie de porc modifié transplanté pour la première fois chez une personne vivante

Publié le 9 octobre 2025. Une première mondiale a été réalisée : un foie de porc génétiquement modifié a été greffé sur un patient humain, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre la pénurie d'organes pour transplantation,…

Publié le 9 octobre 2025. Une première mondiale a été réalisée : un foie de porc génétiquement modifié a été greffé sur un patient humain, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre la pénurie d’organes pour transplantation, mais soulignant également les défis majeurs qui restent à relever.

  • Une greffe de foie auxiliaire provenant d’un porc génétiquement modifié (avec 10 modifications génétiques) a été réalisée chez un patient.
  • Le foie a fonctionné pendant 38 jours sans signe de rejet, mais le patient a finalement succombé à une complication liée à la xénotransplantation.
  • En 2024, plus de 22 200 patients attendaient un foie en Europe, et 2 314 sont décédés avant de pouvoir en recevoir un.

Cette transplantation, décrite dans une étude parue dans le Journal d’hépatologie, représente une étape cruciale dans le domaine de la xénotransplantation – le greffe d’organes d’animaux à des humains. Jusqu’à présent, seules deux xénotransplantations hépatiques avaient été signalées, mais elles avaient été réalisées sur des patients en état de mort cérébrale, limitant la possibilité d’évaluer la fonction du greffon sur le long terme.

Selon le Dr Beatriz Domínguez-Gil, directrice de l’Organisation nationale des transplantations en Espagne, cette greffe est la première effectuée à des fins thérapeutiques. Elle explique :

« Il s’agit de la première greffe auxiliaire de foie provenant d’un porc génétiquement modifié (avec 10 modifications génétiques) chez un patient. C’est donc la première réalisée à des fins thérapeutiques. »

Dr Beatriz Domínguez-Gil, directrice de l’Organisation nationale des transplantations, Espagne

L’étude révèle que le foie transplanté a pu fonctionner et soutenir le patient pendant 38 jours sans déclencher de rejet immunitaire. Cependant, le patient a finalement développé une microangiopathie thrombotique, une complication grave liée à la xénotransplantation, qui a nécessité l’ablation du greffon. Malheureusement, le patient est décédé 171 jours après la transplantation.

Le Dr Domínguez-Gil souligne que, malgré ce résultat tragique, cette expérience constitue une avancée significative :

« Nous pouvons dire que cela représente une nouvelle étape dans l’avancement de la thérapie par xénotransplantation, qui continue de progresser dans le développement clinique, mais cela met également en évidence les obstacles importants qui restent à surmonter, comme la grave complication observée chez ce patient. »

Dr Beatriz Domínguez-Gil, directrice de l’Organisation nationale des transplantations, Espagne

L’Organisation nationale espagnole de transplantation (ONT) insiste sur le caractère expérimental de ces greffes et sur la nécessité de poursuivre les recherches pour améliorer les modifications génétiques, optimiser l’immunosuppression et mieux gérer les complications potentielles. L’ONT préconise la réalisation d’essais cliniques rigoureux pour évaluer l’efficacité et la sécurité de la xénotransplantation à court, moyen et long terme.

La pénurie d’organes pour transplantation reste un problème majeur de santé publique. En 2024, selon les données de l’Observatoire mondial du don et de la transplantation, géré par l’ONT en tant que centre collaborateur de l’OMS, 22 215 patients européens attendaient un foie, mais seulement 11 019 ont pu en bénéficier. 2 314 patients sont décédés sur la liste d’attente. La xénotransplantation pourrait, à terme, offrir une solution à cette crise, en particulier comme thérapie de transition en attendant un organe compatible.

L’étude « Xénotransplantation génétiquement modifiée de foie de porc à humain » par Beicheng Sun et coll. a été publiée dans le Journal d’hépatologie le 9 octobre 2025.

Aucune réponse n’a été reçue à notre demande concernant le DOI (Digital Object Identifier) de l’étude.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.