Home SantéRéaction inflammatoire de type sarcoïde associée au pembrolizumab chez une femme atteinte d’un cancer du sein imitant des métastases

Réaction inflammatoire de type sarcoïde associée au pembrolizumab chez une femme atteinte d’un cancer du sein imitant des métastases

by Sophie Martin

Une patiente de 49 ans, initialement soignée pour un cancer du sein agressif, a développé des complications inattendues liées à l’immunothérapie, révélant une réaction inflammatoire rare mais reconnue. L’évolution de son cas illustre l’importance d’un diagnostic précis face à des symptômes complexes survenant pendant un traitement oncologique.

La patiente s’est présentée avec une masse palpable au sein droit, confirmée par imagerie comme une lésion de 4,2 centimètres. Les analyses ont révélé un carcinome canalaire infiltrant de grade 3, classé comme un cancer du sein triple négatif en raison de sa faible expression des récepteurs hormonaux et de l’absence de la protéine HER2. L’indice de prolifération cellulaire Ki-67 était élevé, atteignant 76 %. Le stade clinique du cancer a été établi à IIIA, sans signe de métastase à distance, hormis un ganglion lymphatique axillaire hypertrophié.

Un protocole de chimio-immunothérapie néoadjuvante, incluant le pembrolizumab et une chimiothérapie standard, a été mis en place en raison de l’agressivité de la tumeur. La réponse initiale a été positive, aboutissant à une réponse pathologique complète lors de l’intervention chirurgicale. Cependant, plusieurs mois après le début du traitement, la patiente a commencé à souffrir de nausées persistantes, de vomissements et d’une intolérance alimentaire sévère, malgré les ajustements de la chimiothérapie.

L’aggravation des symptômes gastro-intestinaux a nécessité une hospitalisation et un soutien nutritionnel parentéral. Une imagerie thoracique a alors révélé une hypertrophie significative de plusieurs ganglions lymphatiques dans le médiastin et les régions hilaires pulmonaires, suscitant une inquiétude immédiate quant à une possible progression métastatique du cancer.

Des biopsies des ganglions lymphatiques et de l’estomac ont été réalisées pour déterminer la cause de ces adénopathies. L’analyse histopathologique a révélé la présence de granulomes non caséeux, sans signe de cellules tumorales. Les examens microbiologiques et immunologiques se sont avérés négatifs, excluant une infection (tuberculose, mycoses) ou une maladie auto-immune classique.

En tenant compte de la chronologie des événements, de l’absence d’autres causes identifiables et des résultats des biopsies, les médecins ont conclu à une réaction sarcoïde multiorganique induite par le pembrolizumab, un inhibiteur du point de contrôle immunitaire PD-1. Cette complication, bien que rare, est un effet secondaire connu de l’immunothérapie, se manifestant par une atteinte ganglionnaire thoracique et une gastrite granulomateuse.

Le pembrolizumab a été immédiatement arrêté et un traitement par corticostéroïdes a été instauré, d’abord par voie intraveineuse puis par voie orale avec une réduction progressive de la dose de prednisone. La patiente a rapidement montré une amélioration significative de ses symptômes gastro-intestinaux et une diminution de la taille des ganglions lymphatiques lors des examens d’imagerie de suivi, confirmant la nature inflammatoire du processus.

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