Publié le 4 décembre 2025 à 04h45. La Costaricaine Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), a officiellement annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, un poste que quittera António Guterres en décembre prochain. Elle propose une vision de l’ONU plus agile, inclusive et résolument tournée vers l’action.
Rebeca Grynspan se présente comme une candidate expérimentée, forte d’un parcours politique et diplomatique de premier plan. Ancienne vice-présidente du Costa Rica et directrice du Secrétariat général ibéro-américain, elle entend insuffler un nouvel élan à l’organisation internationale.
« Si on me demandait quelle est ma devise de campagne, je dirais que c’est l’article 1 de la Charte des Nations Unies. Tout y est dit et nous devons être fidèles à ces valeurs », a-t-elle déclaré lors d’une rencontre à Londres, où elle présentait le rapport annuel de la CNUCED. « Mais en même temps, nous devons être beaucoup plus agiles et flexibles, plus innovants dans les propositions que l’ONU présente au monde. Et pour cela, nous devons prendre des risques. »
L’article 1 de la Charte des Nations Unies, qui vise à « maintenir la paix et la sécurité internationales, à promouvoir l’amitié entre les nations et à favoriser la coopération internationale pour résoudre les problèmes mondiaux », constitue, selon elle, un socle solide. Cependant, Grynspan estime que l’ONU doit évoluer pour refléter la réalité actuelle du monde.
« L’organisation a été forgée par 50 pays. Aujourd’hui, elle en rassemble 193. On peut donc dire que, d’une certaine manière, il y a 143 pays qui n’ont pas participé à cette création. Cette réalité nécessite l’inclusion », a-t-elle expliqué. « Je connais bien l’ONU, suffisamment pour la défendre et la réformer. »
Sa candidature intervient dans un contexte de remise en question du multilatéralisme, notamment par les États-Unis. Grynspan a souligné l’importance de voir les États-Unis réinvestir dans l’ONU, tout en notant que leur récente soumission d’un plan de paix pour Gaza au Conseil de sécurité démontre un certain engagement. Elle a rappelé les propos de Donald Trump devant l’Assemblée générale, où il avait reconnu le « potentiel » de l’ONU, et a insisté sur la nécessité pour l’organisation de jouer un rôle central dans les négociations internationales.
Rebeca Grynspan devra faire face à une concurrence de taille, avec d’autres candidates de premier plan telles que Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili ; Jacinda Ardern, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande ; Alicia Bárcena, ministre de l’Environnement du Mexique ; et Mia Mottley, Première ministre de la Barbade.
Interrogée sur la possibilité de voir une femme diriger l’ONU, Grynspan a répondu : « Je les connais tous et elles ont toutes un curriculum vitae impeccable. Elles n’ont pas besoin de traitement spécial. Elles ont toutes les mérites pour ce poste, moi y compris. Nous ne demandons pas de traitement spécial, mais aucune discrimination. Parce que si nous voulons concourir sur un pied d’égalité, chacune d’entre nous a toutes les chances de gagner. »
Grynspan s’est également exprimée sur les défis contemporains, notamment la montée de l’autoritarisme et les flux migratoires. Elle a souligné que la démocratie doit prouver sa capacité à répondre aux préoccupations de la population pour conserver sa légitimité. « La démocratie est aujourd’hui remise en question car elle ne peut se limiter à générer la capacité de changement de gouvernement. Sa légitimité réside aussi dans la recherche de solutions aux problèmes de la majorité de la population », a-t-elle affirmé.
Concernant l’immigration, elle a rappelé que les plus importants flux migratoires se déroulent au Sud, notamment vers des pays comme la Turquie, le Liban ou le Soudan du Sud. Elle a plaidé pour une approche axée sur la résolution des causes profondes de la migration, telles que le développement économique et le changement climatique. « L’objectif ultime devrait être que seuls ceux qui souhaitent migrer, et non ceux qui y sont contraints, le soient », a-t-elle conclu.
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