Le clip vidéo de « Unleash the Dragon » de Sisqo, sorti en 1999, est devenu malgré lui un objet d’étude fascinant pour Rembert Browne, qui revient sur cette œuvre démesurée et involontairement hilarante, plus de vingt ans après sa parution.
L’analyse commence dès les premières secondes : le clip affiche des ambitions grandioses, avec des effets spéciaux coûteux, une foule en délire et même une équipe de tournage locale qui semble couvrir un événement d’importance nationale. Browne s’interroge sur la raison d’un tel engouement pour ce titre, qui a suivi le succès de « Thong Song », mais qui ne possède pas la même légitimité artistique. Il compare cette situation à un sportif qui, après avoir excellé dans un domaine, se lancerait sans préparation dans un autre, comme la poésie.
Malgré son affection pour Sisqo, notamment en tant que chanteur principal du groupe R&B Dru Hill – dont il évoque avec émotion le titre « 5 Steps » et le fameux envol d’une colombe à la fin – Browne ne peut s’empêcher de qualifier « Unleash the Dragon » d’« inexcusable ». Il va jusqu’à suggérer que tous ceux qui ont participé à sa création auraient dû être traduits en justice.
Le clip, selon l’auteur, est une succession de scènes improbables. Des spectateurs agitant des drapeaux comme lors d’un festival de musique, une chaîne portée par Sisqo, et surtout, l’utilisation répétée et gratuite d’un terme injurieux. Browne souligne l’absurdité de l’attente créée par Sisqo, qui promet de « libérer le dragon » mais ne parvient jamais à intimider son public, qui continue de l’encourager avec enthousiasme.
L’analyse se poursuit au fil des minutes, décryptant les moments les plus étranges du clip : Sisqo recevant des lunettes sans regarder la personne qui les lui tend, ses mouvements de danse exagérés, et l’apparition soudaine de tremblements de terre qui semblent liés à la fameuse créature. À partir de la troisième minute, le clip bascule dans un délire total, avec la destruction d’une ville et l’intervention inattendue de Tatyana Ali, réduite au rôle de demoiselle en détresse.
Le point culminant de l’absurdité est atteint lorsque Sisqo, après avoir été attaqué par le dragon, le vainc en dansant. Il conclut en se moquant de la créature vaincue, en lui lançant un « Sisqo. N… quoi ? », une phrase qui témoigne de l’outrance du clip. Browne avoue être à la fois horrifié et amusé par cette œuvre, qu’il considère comme un chef-d’œuvre involontaire, fruit des budgets illimités de la fin des années 1990.
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