Volodymyr Zelensky multiplie les appels à l’aide auprès de l’Europe face à l’incertitude du soutien américain, tandis que la Russie réaffirme ses exigences territoriales, compliquant les perspectives de négociations de paix. La situation est d’autant plus délicate qu’une rencontre entre Zelensky et Donald Trump à la Maison Blanche a révélé des divergences sur la stratégie à adopter.
L’Ukraine cherche activement à mobiliser des fonds alternatifs après le blocage de l’aide américaine. Un plan est à l’étude pour utiliser les avoirs russes gelés en Europe – environ 140 millions d’euros (250 milliards de dollars) – comme garantie pour un prêt destiné à l’acquisition d’armes. Selon un communiqué publié mardi, les dirigeants européens réaffirment leur attachement au principe de l’intégrité territoriale : « Nous restons attachés au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force. » Ils dénoncent également les « tactiques dilatoires de la Russie » et soulignent que « l’Ukraine est la seule partie à prendre la paix au sérieux », ajoutant que « Poutine continue de choisir la violence et la destruction. »
Ce communiqué a été signé par plusieurs chefs d’État et de gouvernement européens, dont le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer, le Chancelier allemand Friedrich Merz, le Président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre polonais Donald Tusk, le Premier ministre norvégien Jonas Store, le Président finlandais Alexander Stubb, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Président du Conseil européen Antonio Costa y ont également apposé leur signature, de même que Volodymyr Zelensky.
Parallèlement, des discussions sont en cours sur un plan en 12 points visant à mettre fin au conflit en respectant les lignes de front actuelles. Ce plan, selon des informations de Bloomberg, prévoit des garanties de sécurité pour l’Ukraine, un financement pour la reconstruction, et une voie rapide vers l’adhésion à l’Union européenne. Il inclut également le retour des enfants déportés et des échanges de prisonniers. Des négociations sur la gouvernance des territoires occupés seraient envisagées, sans pour autant reconnaître leur annexion par la Russie.
La Russie, de son côté, a réitéré ses conditions pour un accord de paix, notamment le contrôle de l’ensemble de la région du Donbass. Cette exigence, communiquée aux États-Unis ce week-end, contredit les récentes déclarations de Donald Trump, qui a suggéré de geler les lignes de front. Après une rencontre avec Zelensky vendredi, Trump a publiquement exprimé son opinion sur le gel des lignes de front, une position qui a été rejetée par le président ukrainien.
Selon des responsables américains, le Kremlin aurait proposé à l’Ukraine d’abandonner la région du Donbass en échange de portions des régions de Zaporizhzhia et de Kherson. Zelensky aurait refusé cette proposition. Les pourparlers entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, tenus lundi, n’ont pas permis de progresser vers un sommet entre les présidents Poutine et Biden. Le Kremlin a indiqué qu’une « préparation sérieuse » était nécessaire avant d’envisager un tel sommet, sans fixer de date précise.
« Écoutez, nous avons un accord avec les présidents, mais nous ne pouvons pas reporter ce qui n’est pas finalisé », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Ni le président Trump ni le président Poutine n’ont donné de dates exactes. »
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