Des révélations troublantes mettent en lumière des comportements suspects de hauts magistrats et de l’ancien président Yoon Seok-yeol, qui ont tous changé de téléphone portable à des moments clés, soulevant des questions sur la transparence et la confiance au sein du système judiciaire coréen.
L’affaire a débuté avec des soupçons concernant des avantages accordés au juge en chef Ji Gwi-yeon. Le Parti démocrate de Corée a publié une photographie montrant le juge Ji en compagnie de deux personnes, suscitant des interrogations sur la nature de leurs relations. Peu après, le juge Ji a procédé au remplacement de son téléphone portable, une action qu’il a répétée quelques mois plus tard, après la publication des premières accusations.
Ce comportement a rappelé à Lee Geun Ryu, directeur de l’Institut de recherche économique et sociale Hankyoreh, une expérience personnelle vécue il y a une dizaine d’années. Il se souvenait de l’inquiétude de parents, médecins tous deux, qui s’interrogeaient sur la fiabilité du médecin traitant leur enfant. « Il a l’air d’être un bon ami, alors laissons-lui une chance », avaient-ils finalement décidé, illustrant une méfiance sous-jacente même au sein de la profession médicale.
L’incident du juge Ji n’est pas isolé. Le jour où l’ancien président Yoon Seok-yeol a contesté son arrestation, il a lui aussi changé de téléphone portable, passant d’un modèle utilisé depuis six ans à un appareil dernier cri. Il a ensuite effectué un autre remplacement le lendemain matin. Par ailleurs, quatre personnalités influentes – le ministre de la Justice, le ministre de l’Administration publique et de la Sécurité, le secrétaire principal aux Affaires civiles et le ministre de la Législation gouvernementale – se sont réunies en secret peu après la déclaration de la loi martiale, et ont tous changé de téléphone portable peu de temps après.
Ces coïncidences successives interrogent sur les motivations derrière ces changements de téléphone. « Que diable voulaient-ils cacher en faisant ça ? », s’interroge Lee Geun Ryu. Il souligne l’ironie de la situation, où des juges qui imposent des sanctions pour destruction de preuves se livrent eux-mêmes à cette pratique.
L’affaire met en évidence un manque de confiance généralisé dans le système judiciaire. Selon une enquête récente menée par le Hankyoreh en collaboration avec l’Association coréenne de science politique, les tribunaux sont considérés comme la deuxième institution la moins fiable de l’État, devancée uniquement par le parquet. « La confiance dans le système de justice pénale est au plus bas », constate l’article.
Aucune excuse ni prise de responsabilité n’a été formulée, y compris par le juge en chef Cho Hee-dae. L’article conclut que la perte de confiance dans le système judiciaire a des conséquences directes sur les citoyens et menace la démocratie.
