Rémy Daillet, instigateur d’un groupuscule d’ultradroite et responsable de l’enlèvement de la petite Mia en 2021, a été condamné jeudi 15 octobre 2026 à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs terroriste.
Le parquet national antiterroriste avait requis sept ans d’emprisonnement à l’encontre de Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem âgé d’une soixantaine d’années. Le tribunal correctionnel de Paris a finalement prononcé une peine de six ans de prison avec maintien en détention pour avoir orchestré l’enlèvement de la jeune Mia Montemaggi et fomenté un projet de coup d’État baptisé Azur
, ainsi que le rapporte le tribunal correctionnel de Paris. Cette décision tranche une affaire hors norme qui avait secoué la France cinq ans plus tôt.
🚨 Rémy Daillet condamné à six ans de prison pour l’enlèvement de Mia et association de malfaiteurs terroriste : le détail du jugement et du projet Azur.#RémyDaillet #AffaireMia #PNAThttps://t.co/3LKZF3vouw
Durant les audiences, les magistrats ont reconnu l’altération du discernement de l’accusé au moment des faits, s’appuyant sur des expertises psychiatriques menées au cours de l’instruction.
Derrière les écrans pendant la crise sanitaire de 2020, cet ancien expatrié en Malaisie avait réussi à structurer un réseau clandestin d’extrême droite, attirant des profils variés allant de militaires à des intermittents du spectacle, tous happés par sa rhétorique complotiste.
🔴 ALERTE INFOProcès Rémy Daillet: le leader du groupuscule complotiste condamné à six ans de prison pour complicité de l'enlèvement de Mia et association de malfaiteurs terroristehttps://t.co/sFKxY4cqsr
Le projet Azur et les actions violentes du groupuscule
La structure s’était engagée dans la confection de listes de personnalités ciblées, notamment juives, considérées comme des nuisibles à épurer, ainsi que dans des opérations de sabotage, à l’instar de l’incendie d’antennes 5G et du projet de faire sauter des centres de vaccination, d’après les détails repris par 20 Minutes. L’objectif final du réseau – renverser le gouvernement en prenant l’Élysée par la force – pouvait sembler fantasmé, mais les actes préparatoires documentés par le PNAT étaient bien réels.
Le rapt de la petite Mia, survenu en avril 2021 dans les Vosges, servait en quelque sorte de test grandeur nature pour aguerrir les troupes et tester la cohésion des groupes de combat. Cette opération avait été financée à hauteur de 3 000 euros par le chef du mouvement. L’enfant de huit ans, alors confiée à sa grand-mère en raison de graves négligences familiales, avait été extraite par de faux éducateurs avant d’être retrouvée cinq jours plus tard dans un squat en Suisse aux côtés de sa mère.

Les condamnations des quatorze coprévenus et de la mère de Mia
Autour du principal instigateur, quatorze autres prévenus ont été fixés sur leur sort. À l’exception de Robert K., installé aux États-Unis et condamné à deux ans de prison avec mandat d’arrêt en son absence, la quasi-totalité des membres du groupuscule s’est vue infliger des peines aménageables sous bracelet électronique, selon les précisions de Le HuffPost.
Lola M., la mère de Mia, a été condamnée à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire, assortie d’une obligation de soins. Ayant déjà purgé sa détention provisoire, elle ne retourne pas en prison, ainsi que le confirme franceinfo. La défense avait rappelé le parcours difficile de la mère et son désir de vivre auprès de sa fille.
AFFAIRE RÉMY DAILLET : Le chef présumé d'un groupuscule d'ultradroite complotiste, soupçonné d'avoir ordonné l'enlèvement d'une enfant, Mia, en 2021 et fomenté un coup d'Etat, a été condamné à 6 ans de prison ferme (tribunal judiciaire de Paris). pic.twitter.com/H4mXWYwi5x
L’ancien responsable politique dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de cette décision prononcée par le tribunal correctionnel de Paris.