Publié le 28 octobre 2025 18h45. Des chercheurs australiens ont mis au point un logiciel innovant permettant de corriger un problème de netteté affectant les images capturées par le télescope spatial James Webb, évitant ainsi une coûteuse mission de réparation en orbite.
- Une équipe de l’Université de Sydney a développé un logiciel de calibration numérique pour restaurer la précision des images du télescope James Webb.
- Le problème de netteté était dû à une dispersion de charge électrique dans la caméra infrarouge du télescope.
- Cette solution logicielle permet d’analyser des objets lointains avec une clarté sans précédent, ouvrant de nouvelles perspectives en astronomie.
Le télescope spatial James Webb, l’un des instruments scientifiques les plus avancés actuellement en opération, a récemment été confronté à un défi technique. Des responsables ont détecté une perte de précision dans les images produites par l’un de ses principaux instruments. Heureusement, une équipe de recherche de l’Université de Sydney a trouvé une solution ingénieuse : un logiciel capable de corriger ce problème de netteté sans nécessiter une intervention physique coûteuse et complexe dans l’espace.
La clé de cette avancée réside dans l’application d’un système de simulation et d’algorithmes sophistiqués, regroupés sous le nom d’AMI (Observations génératives d’interférométrie à masquage d’ouverture). Ce logiciel reproduit, grâce à des réseaux de neurones et des modèles informatiques, le comportement optique et électronique du télescope dans l’espace. Il a ainsi permis d’identifier l’origine précise de la distorsion : une dispersion de charge électrique dans la caméra infrarouge du télescope, un phénomène connu sous le nom d’effet « plus brillant, plus gros ».
L’équipe a ensuite conçu des algorithmes capables de corriger numériquement les données d’image, récupérant ainsi la qualité visuelle originale de la caméra AMI, un composant développé en Australie. Cette intervention a été réalisée entièrement depuis la Terre, grâce à la collaboration d’étudiants et de scientifiques australiens, et a un impact direct sur l’étude des objets lointains de l’univers.
Selon les informations publiées dans Science Quotidienne, cette correction n’a nécessité aucun ajustement physique du télescope ni l’envoi d’une mission habitée, comme ce fut le cas par le passé avec la réparation du télescope spatial Hubble. Les travaux ont été menés par Louis Desdoigts et Max Charles, alors doctorants, ainsi que par les professeurs Peter Tuthill et Ben Pope.
Grâce à cette mise à jour numérique, le télescope Webb a pu imager des objets faibles avec un niveau de détail sans précédent. Parmi les réalisations les plus marquantes, l’instrument a capturé une image directe d’une exoplanète peu lumineuse et d’une naine brune en orbite autour de l’étoile HD 206893, située à environ 133 années-lumière de la Terre.
Ce correctif améliore également l’efficacité du flux de travail pour les astronomes et les centres d’observation, facilitant la capture et l’analyse d’objets distants avec une plus grande précision. Selon arXiv, la calibration a également permis d’obtenir des images précises d’autres phénomènes d’intérêt, tels qu’un jet de matière éjecté d’un trou noir, des détails à la surface de la lune Io de Jupiter et les vents stellaires poussiéreux entourant l’étoile WR 137.
« L’application de ce logiciel a élargi la portée scientifique du télescope et a permis de résoudre le problème sans quitter le laboratoire. »
Louis Desdoigts, chercheur à l’Université de Leiden
Le professeur Tuthill a souligné que l’utilisation de logiciels comme outil de réparation représente un nouveau paradigme dans les missions spatiales, car elle évite les risques, les coûts et les délais liés aux interventions en orbite. L’Université de Sydney a également mis en avant l’importance de cette innovation australienne dans le domaine mondial de l’astronomie et l’impact d’AMIGO sur les projets actuels et futurs utilisant le télescope Webb.
L’équipe envisage de distribuer le logiciel à différents équipements utilisant le télescope Webb, dans le but de standardiser l’étalonnage des tâches d’observation et d’analyse de données. Ce développement démontre également le rôle central de l’informatique avancée et de l’intelligence artificielle dans la résolution de problèmes complexes, au-delà des interventions directes.
