Home SantéRetarder la parentalité ? Voici ce qu’il faut savoir sur les options de congélation d’embryons | Actualités santé

Retarder la parentalité ? Voici ce qu’il faut savoir sur les options de congélation d’embryons | Actualités santé

by Sophie Martin

Publié le 25 novembre 2025 à 12h01. De plus en plus de couples choisissent de préserver leur fertilité en congelant leurs embryons, une technique qui offre des taux de réussite élevés et permet de planifier une grossesse en fonction de leurs contraintes personnelles et professionnelles.

  • La congélation d’embryons, souvent plus efficace que la congélation d’ovules, est devenue une pratique courante dans le cadre des traitements de procréation médicalement assistée (PMA).
  • Des tests approfondis sont nécessaires avant la congélation pour évaluer la qualité des ovules et des spermatozoïdes, ainsi que pour dépister certaines maladies génétiques.
  • En Inde, la loi encadre strictement le consentement des deux partenaires concernant le stockage et l’utilisation future des embryons congelés.

Face à l’évolution des modes de vie et à la volonté de nombreuses personnes de reporter la parentalité, la congélation d’embryons s’impose comme une solution de plus en plus prisée. Cette technique, qui consiste à féconder des ovules en laboratoire puis à conserver les embryons à très basse température, permet de préserver la possibilité d’une grossesse future.

Selon les spécialistes, la congélation d’embryons présente des avantages significatifs par rapport à la congélation d’ovules. « La congélation des embryons est essentiellement le processus de congélation d’un ovule fécondé, après son stade de développement. Pendant ce temps, la congélation des ovules est effectuée pour les ovules non fécondés mais matures », explique le Dr Navina Singh, spécialiste de la fertilité à Birla Fertility & IVF, à Mumbai.

Les techniques de cryoconservation, qu’il s’agisse d’embryons ou d’ovules, reposent sur un refroidissement rapide qui « verrouille » instantanément la structure cellulaire, évitant ainsi la formation de cristaux de glace susceptibles de l’endommager. Cependant, la congélation d’embryons offre une meilleure indication de la viabilité. « La congélation d’embryons offre un meilleur taux de réussite par cycle car son développement et sa viabilité sont déjà connus », précise le Dr Singh. Le Dr Hetal Parekh, spécialiste de la FIV et consultant principal à l’hôpital Dr LH Hiranandani de Powai, Mumbai, ajoute que les embryons, ayant été évalués avant la congélation, « tolèrent souvent mieux le processus de congélation et de décongélation que les ovules », ce qui en fait une option privilégiée pour la FIV ou pour les couples qui souhaitent différer une grossesse.

La congélation d’ovules, en revanche, offre une plus grande flexibilité car elle ne nécessite pas la présence de spermatozoïdes au moment de la procédure.

À qui s’adresse la congélation d’embryons ?

La congélation d’embryons est particulièrement recommandée aux couples prêts à procéder à la fécondation des ovules immédiatement. Elle est idéale pour les femmes à la fin de la vingtaine et au début de la trentaine, lorsque la qualité des ovules est généralement optimale. Les médecins conglent également les embryons excédentaires de haute qualité issus des traitements de FIV, pour une utilisation ultérieure. Cette technique est également conseillée aux femmes dont l’AMH (hormone anti-müllérienne) est en baisse, aux couples souhaitant préserver leur fertilité ou à ceux qui envisagent une parentalité tardive, afin de garantir la disponibilité d’embryons viables et de réduire le risque d’infertilité secondaire.

Quels examens sont nécessaires avant la congélation d’embryons ?

Avant de procéder à la congélation, des examens approfondis sont réalisés. Les femmes subissent généralement un test d’AMH, un bilan hormonal (FSH, LH, estradiol, TSH, prolactine) et une échographie pour évaluer la réserve ovarienne et la santé utérine. Les hommes doivent effectuer un spermogramme pour évaluer le nombre, la motilité et la morphologie des spermatozoïdes. Le Dr Parekh souligne également l’importance d’une électrophorèse de l’hémoglobine pour les deux partenaires. « Lorsque les résultats des tests sont positifs pour la thalassémie mineure, des tests sur les embryons peuvent être effectués pour prévenir la thalassémie majeure », explique-t-elle. Un dépistage des maladies infectieuses (VIH, hépatites B et C, syphilis) est également obligatoire. « Ces tests permettent de personnaliser le traitement et d’offrir les meilleures conditions pour la formation d’embryons sains », conclut le Dr Singh.

De la stimulation à la vitrification : les étapes clés

  • Le processus débute par une stimulation ovarienne par injection d’hormones pendant 10 à 14 jours, suivie d’analyses régulières.
  • Vient ensuite le prélèvement des ovules, une procédure rapide réalisée sous sédation.
  • La fécondation est réalisée en combinant les ovules et les spermatozoïdes par FIV (fécondation in vitro) ou ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes).
  • Les embryons obtenus sont cultivés en laboratoire dans des conditions contrôlées jusqu’à ce qu’ils atteignent le stade blastocyste.
  • Enfin, la vitrification permet de congeler rapidement les embryons pour assurer un taux de survie élevé lors de la décongélation.

La vitrification permet de conserver les embryons viables pendant de longues périodes, potentiellement 10 à 20 ans, à condition que les conditions de stockage soient maintenues.

Combien d’embryons congeler ?

Les experts ne conglent que les embryons présentant des critères stricts en termes de structure cellulaire, de symétrie, de croissance et de qualité du blastocyste. La plupart des spécialistes recommandent la congélation de trois à quatre blastocystes de bonne qualité pour maximiser les chances d’obtenir au moins une naissance vivante. Les femmes plus âgées ou celles ayant une faible réserve ovarienne peuvent avoir besoin d’en congeler davantage. Le Dr Parekh précise que le nombre idéal dépend de l’âge :

Moins de 35 ans : 4 à 6 blastocystes

Plus de 35 ans : 6 à 8 blastocystes

Coûts et aspects juridiques en Inde

Un cycle complet, comprenant la FIV, la culture d’embryons, la congélation et la première année de conservation, coûte entre 180 000 ₹ et 200 000 ₹ (environ 2 100 à 2 300 €) dans de nombreuses cliniques. Après la première année, les cliniques facturent généralement des frais de stockage annuels, en fonction du nombre d’embryons congelés et de leurs infrastructures. La congélation des embryons coûte généralement entre 25 000 ₹ et 35 000 ₹ (environ 290 à 410 €), et les frais de stockage annuels se situent entre 20 000 ₹ et 30 000 ₹ (environ 230 à 350 €).

En vertu de la loi indienne sur les technologies de reproduction assistée (ART), les deux partenaires doivent consentir conjointement au stockage et à l’utilisation future des embryons. « La propriété de l’embryon est légalement partagée entre les partenaires et les cliniques ne peuvent pas utiliser, jeter ou donner les embryons sans le consentement explicite des deux », explique le Dr Singh.

Avant la congélation, les couples doivent également décider de la manière dont leurs embryons pourront être utilisés à l’avenir. Ces embryons représentant des grossesses potentielles, ils ont une forte charge émotionnelle et éthique, ce qui rend essentiel un consentement réfléchi et éclairé.

En conclusion, les médecins soulignent l’importance d’une prise de décision éclairée. Avec des conseils transparents, un consentement clair et des attentes réalistes, la congélation d’embryons peut constituer un moyen fiable pour les couples de protéger leur avenir reproductif.

Ce rapport est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel.

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