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[Rétro] La SCOP, un modèle pour les entreprises de demain ?

Publié le 7 septembre 2025. Dans un contexte économique incertain, une entreprise du Loiret, Mains dans la main 45, illustre une alternative prometteuse : la Société Coopérative et Participative (SCOP), née du sauvetage d’une entreprise adaptée menacée de…

[Rétro] La SCOP, un modèle pour les entreprises de demain ?

Publié le 7 septembre 2025. Dans un contexte économique incertain, une entreprise du Loiret, Mains dans la main 45, illustre une alternative prometteuse : la Société Coopérative et Participative (SCOP), née du sauvetage d’une entreprise adaptée menacée de liquidation.

  • Une entreprise adaptée, EACVL, a été relancée sous forme de SCOP par ses salariés.
  • Mains dans la main 45, la nouvelle SCOP, est en pleine croissance après un redressement judiciaire difficile.
  • Ce modèle d’entreprise favorise une gestion démocratique et l’implication des salariés.

Alors que la disparition de Duralex, l’été dernier, avait mis en lumière l’intérêt du modèle SCOP, une nouvelle success story se dessine dans l’Orléanais. L’entreprise Mains dans la main 45, spécialisée dans le conditionnement industriel, la préparation de commandes, les prestations de services et l’imprimerie, est un exemple concret de la résilience et de l’engagement des salariés.

L’histoire de cette SCOP est marquée par des péripéties. L’EACVL, une entreprise adaptée employant une centaine de personnes, avait été contrainte de déménager en 2018 dans des locaux spacieux (10 000 m²) à Ormes, mais dont le loyer exorbitant – 50 000 euros par mois – a rapidement mis en péril sa pérennité. Les dirigeants, sous la pression de la rentabilité, ont exercé une pression accrue sur le personnel, notamment sur les salariés en situation de handicap, qui représentent plus de la moitié des effectifs. Un management jugé toxique par certains a conduit au départ de nombreux encadrants : sur onze responsables, il n’en restait plus que quatre.

Après un redressement judiciaire, l’entreprise a quitté Ormes pour s’installer à Saint-Cyr-en-Val, avenue de la Pomme de Pin, dans des locaux plus modestes (1 600 m²). L’effectif a été réduit à une quarantaine de salariés. Mais en novembre 2024, le tribunal a prononcé la liquidation. Face à cette décision, les salariés ont refusé de baisser les bras.

« On a tout mis en place, on croyait en notre projet, en la valeur des gens et en notre région. On a notre place », affirme Marilyne Vannier, aujourd’hui gérante de la SCOP. Après un mois de réflexion, l’idée de créer une SCOP a émergé. Les quarante employés restants ont alors eu le choix de rejoindre la nouvelle structure ou d’être réorientés vers l’ESAT T’hand’M (anciennement la Couronnerie). Plusieurs salariés étaient également proches de l’âge de la retraite.

« Je me suis engagée à ne laisser personne sur le carreau », souligne Marilyne Vannier. Ce choix a permis de repartir sur de nouvelles bases, avec une équipe restreinte mais soudée et motivée. Entre novembre 2024 et mars 2025, de nouveaux clients ont été conquis et des marchés ont été remportés. « Nous avons ouvert à six, puis très vite on est passé à 12 et maintenant, on est 40 », poursuit-elle. L’objectif est désormais de réintégrer les anciens collègues qui le souhaitent, car « tous les gens qui travaillent ici sont des anciens de l’EACVL, c’est une continuité ». C’est pourquoi l’entreprise a choisi le nom « Mains dans la main », pour symboliser la solidarité et la persévérance.

Dans une SCOP, chaque salarié est à la fois employé et associé. « Moi, je suis gérante mais aussi employée, j’ai un contrat de travail. Tout le monde en a un et on est tous employés de la SCOP et sociétaire », explique Marilyne Vannier. Cela signifie qu’aucune décision ne peut être prise unilatéralement, mais qu’elle doit être soumise au vote de tous les membres. L’objectif est d’augmenter le nombre de sociétaires, car, selon la gérante, « c’est quand même plaisant d’être gérant, mais de ne pas avoir le pouvoir. Vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez, on a toujours nos garde-fous ».

Pour les salariés de Mains dans la main 45, l’aspect social, le sentiment d’utilité et des conditions de travail épanouissantes sont primordiaux. « Vous pouvez voir le changement de mentalité. Avec le passage de salariés à sociétaires, ils arrivent le matin investis, ils posent plein de questions. Et puis quand vous êtes employés, vous n’êtes pas toujours d’accord avec toutes les décisions qui sont prises de là-haut, comme s’ils ne connaissaient pas notre métier. C’est important de passer de l’autre côté, de dire ce qu’il faut faire. On se sent plus considérés », assure Marilyne Vannier, qui voit dans ce modèle l’opportunité de faire grandir l’entreprise à son rythme.


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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.