Publié le 3 janvier 2026 19h10. La série australienne en trois épisodes consacrée à la légende du tennis Evonne Goolagong Cawley offre un portrait nuancé et captivant de l’athlète, loin des clichés habituels des productions sportives.
- La série explore l’enfance d’Evonne Goolagong Cawley et son ascension dans le monde du tennis.
- La réalisation de Wayne Blair se distingue par son approche contemplative et sa structure narrative fluide.
- La performance de Lila McGuire, qui incarne Evonne, est saluée pour sa subtilité et sa justesse.
La nouvelle série d’ABC, consacrée à Evonne Goolagong Cawley, septuple championne de Grand Chelem, se démarque par son approche singulière. Loin des récits triomphalistes et manichéens souvent associés aux biographies sportives, la production privilégie une exploration intimiste et sensible du parcours de l’athlète australienne.
Dès les premières images, le réalisateur Wayne Blair (connu pour ses travaux sur Prune, Baie des Feux et Mystery Road : Origin saison deux) établit un ton mélancolique et introspectif. La narration, ponctuée de flashbacks, tisse habilement des liens entre le passé et le présent, évoquant le mouvement fluide d’une balle de tennis.
La série débute à Wimbledon, avant de revenir sur l’enfance d’Evonne, à la fin des années 1950. On découvre alors la famille Goolagong arrivant à Barellan, en Nouvelle-Galles du Sud, où elle est la seule famille autochtone de la communauté. La mère d’Evonne, Linda, confie :
« Je n’ai jamais eu de maison avec un vrai plancher. »
Linda Goolagong, mère d’Evonne
. Cette scène, empreinte d’émotion, est suivie d’une promesse du père, Kenny :
« De bonnes choses vont arriver, mon cœur. Attends. »
Kenny Goolagong, père d’Evonne
. Ces premiers instants posent le ton de la série, axée sur l’espoir et la résilience.
L’écriture de Steven McGregor et Megan Simpson Huberman évite les écueils du biopic conventionnel. La série se distingue par sa dignité et sa retenue, privilégiant la subtilité à la démonstration excessive. Les moments de triomphe sont d’autant plus poignants qu’ils ne sont pas surjoués.
La structure narrative, qui alterne passé et présent, souligne l’importance des origines d’Evonne. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’il s’inscrit en marge de l’univers souvent élitiste du tennis. Les images de la jeune Evonne s’entraînant avec une vieille raquette contre un mur de briques témoignent de sa détermination et de son ingéniosité.
L’arrivée de l’entraîneur Vic Edwards (Marton Csokas) dans la vie d’Evonne rappelle une scène du film Briller, lorsque le professeur de piano de David Helfgott lui propose son aide. Edwards, bien que bienveillant en apparence, cache une complexité qui se révèle progressivement. Csokas livre une interprétation nuancée, mais l’attention se porte surtout sur Lila McGuire, actrice d’origine Whadjuk et Ballardong Noongar, qui incarne Evonne avec une justesse remarquable. Sa performance révèle la multitude de facettes de Goolagong, à la fois douce et déterminée.
La série aborde également les enjeux politiques liés à la carrière d’Evonne, notamment sa décision de jouer en Afrique du Sud pendant l’apartheid, où elle a reçu le statut de « blanc honoraire ». Les scénaristes soulèvent la question de savoir si l’athlète aurait pu adopter une position plus ferme, sans pour autant la juger ni prétendre détenir toutes les réponses dans ce débat sans fin sur le sport et la politique (voir aussi, et).
Les scènes de tennis sont esthétiquement réussies, avec une palette de couleurs réduite et un travail de caméra qui met l’accent sur la position des joueurs, en particulier Evonne. Cette approche, qui peut sembler distante, n’est pas un défaut, mais une manière de souligner l’état d’esprit de l’athlète. La série utilise le tennis comme un moyen de comprendre Goolagong, plutôt que comme un critère pour évaluer sa valeur personnelle.
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