La disparition soudaine de Jean-Louis Gasset a plongé le monde du football dans la tristesse. L’ancien entraîneur, emporté dans la nuit de jeudi à vendredi, laisse derrière lui un héritage de passion et de respect, ainsi que de nombreux souvenirs, dont un match mémorable face à Rolland Courbis en 1998.
Rolland Courbis, bien qu’il n’ait jamais collaboré directement avec Jean-Louis Gasset, a souvent croisé sa route au fil des années. Il se souvient avec une émotion particulière d’une rencontre de la troisième journée de la saison 1998, alors que Courbis entraînait l’Olympique de Marseille et Gasset, le Montpellier Hérault Sport Club.
Le 22 août 1998, le Vélodrome a été le théâtre d’un match aussi improbable qu’inoubliable. Montpellier avait pris une avance confortable de 4 à 0 en première période, grâce à un doublé d’Ibrahima Bakayoko et des buts de Laurent Robert et Franck Sauzée. Bakayoko avait notamment marqué après une passe astucieuse de Xavier Gravelaine, qui venait de quitter Marseille pour rejoindre Montpellier.
« On n’était pas mauvais, on était ridicules », confiait Courbis en 2016, se remémorant l’état d’esprit de son équipe à la mi-temps. « Je n’ai même pas gueulé, ça ne m’est même pas venu à l’esprit. Je devais engueuler qui ? Moi ? Et si j’engueule tout le monde, ça ne va rien amener. »
Pourtant, l’espoir n’a pas quitté le cœur de Courbis. Il aurait même lancé à Louis Nicollin, le président montpelliérain, avec une audace surprenante : « Quand je pense qu’on va gagner 5 à 4 ! ». Une déclaration qui a amusé Nicollin : « Ça c’est des couilles ! »
Et l’impensable s’est produit. L’OM a réalisé une remontée spectaculaire en seconde période. Florian Maurice a d’abord réduit l’écart à la 61e minute, suivi de Christophe Dugarry à la 64e minute. Dugarry, tout juste sacré champion du monde 1998, a inscrit un second but à la 74e minute, avant qu’Éric Roy n’égalise. Enfin, un penalty transformé par Laurent Blanc, suite à une faute sur Robert Pirès, a scellé la victoire marseillaise 5 à 4.
« Il nous arrive ce miracle dont je suis le premier surpris », expliquait Courbis. « Je me sentais juste ridicule, mais peut-être que de voir que j’étais avec eux au lieu de les engueuler, ça a soudé notre relation avec mes joueurs. »
Xavier Gravelaine, témoignant auprès de RMC Sport, a souligné la qualité humaine de Jean-Louis Gasset : « La semaine qui a suivi, on était complètement défoncés. Mais c’est là que Jean-Louis Gasset a été très bon. On était tellement la tête dans les chaussettes que ses mots nous ont apaisé. Il avait cette tranquillité et beaucoup d’humanité. »
À l’issue de la saison 1998-1999, l’OM a terminé deuxième de la Division 1, à un seul point du leader bordelais, tandis que Montpellier occupait la huitième place, devançant le Paris Saint-Germain.
