Un braqueur exceptionnellement courtois, qui prenait soin de proposer un manteau à ses victimes avant de les enfermer dans un réfrigérateur, est au cœur d’un nouveau film dramatique. L’histoire vraie de Jeffrey Manchester, surnommé le « Roofman », est revisitée à travers le prisme d’une quête de rédemption et d’une romance inattendue.
Le film, intitulé Couvreur, met en scène Channing Tatum dans le rôle de Manchester, dont les méfaits ont débuté en 2004 par une évasion spectaculaire de prison et un refuge improvisé dans un magasin Toys “R” Us. Loin de glorifier les exploits criminels de Manchester, le réalisateur Derek Cianfrance propose une analyse psychologique nuancée du personnage.
L’histoire ne se concentre pas uniquement sur les braquages. Manchester, après s’être enfui, prend une fausse identité et tombe amoureux de Leigh (Kirsten Dunst), une mère célibataire qui travaille dans le magasin où il s’est caché. Cette relation imprévue devient le moteur de l’intrigue, le forçant à remettre en question son mode de vie et à envisager un avenir différent.
Cianfrance, connu pour ses films complexes comme Blue Valentine, ne cherche pas à excuser les actes de Manchester. Il le dépeint comme un individu à la fois ingénieux et imprudent. Capable de mettre en place un système de surveillance sophistiqué avec des babyphones, il est également sujet à des faiblesses, comme une consommation excessive de bonbons qui lui cause des problèmes dentaires.
Le film évite les scènes d’action spectaculaires typiques des films de braquage. La tension est plutôt créée par les dilemmes moraux de Manchester et les défis de sa nouvelle vie. Une scène notable montre Manchester conduisant à toute vitesse une voiture d’occasion pour impressionner la fille aînée de Leigh.
L’alchimie entre Tatum et Dunst est particulièrement réussie, donnant vie à un couple improbable confronté à des circonstances extraordinaires. « C’est d’essayer qui compte », déclare Manchester dans une scène poignante, alors qu’il tente de réparer une piscine pour l’anniversaire de sa fille, révélant ainsi sa profonde aspiration à se reconnecter avec sa famille.
Couvreur explore les thèmes de la rédemption, de la famille et de la quête de sens. Cianfrance utilise des détails du quotidien – décorer un appartement pour Noël, surveiller les employés du magasin sur les babyphones – pour souligner le contraste entre la vie agitée de fugitif de Manchester et la tranquillité qu’il pourrait trouver dans une vie domestique.
Le film ne se contente pas de raconter une histoire criminelle. Il interroge la nature de l’identité, le poids du passé et la possibilité d’un nouveau départ. Manchester, malgré l’argent et les moyens de fuir, semble hésiter à abandonner la connexion qu’il a trouvée avec Leigh. La question centrale est de savoir si l’acceptation dans une nouvelle famille, même basée sur un mensonge, peut suffire à le faire renoncer à son ancienne vie.
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