Home MondeRoyaume-Uni : Rejet sur les droits en matière de licenciement abusif dès le premier jour et sur d’autres développements du projet de loi sur les droits en matière d’emploi

Royaume-Uni : Rejet sur les droits en matière de licenciement abusif dès le premier jour et sur d’autres développements du projet de loi sur les droits en matière d’emploi

by Clara Dubois

Publié le 29 octobre 2025 22:51:00. Le projet de loi visant à renforcer les droits des travailleurs britanniques est de nouveau au cœur d’un débat parlementaire, la Chambre des Lords ayant apporté plusieurs amendements que la Chambre des communes devra examiner. Les points de friction portent notamment sur la protection contre le licenciement abusif et les garanties d’heures pour les contrats à zéro heure.

  • La Chambre des Lords plaide pour une période de qualification de six mois avant l’application intégrale des droits contre le licenciement abusif, contre l’engagement initial du gouvernement de les accorder dès le premier jour.
  • Des divergences persistent concernant les garanties d’heures (GHO) pour les travailleurs à faible horaire, les Lords souhaitant imposer une obligation d’information et de refus pour les employés.
  • La question du financement des activités politiques des syndicats et des seuils de participation aux votes pour les actions revendicatives restent des points de désaccord.

Le projet de loi, qui vise à moderniser le droit du travail britannique, est actuellement soumis à un processus de navette parlementaire entre la Chambre des communes et la Chambre des Lords. Ce « ping-pong », comme on l’appelle couramment, retarde inévitablement son adoption finale. Le gouvernement devra trouver un compromis pour concilier ses engagements politiques avec la nécessité de ne pas bloquer l’ensemble du texte.

L’un des principaux points de discorde concerne la protection contre le licenciement abusif. Le gouvernement souhaite instaurer ce droit dès l’embauche, avec une période probatoire pouvant aller jusqu’à neuf mois durant laquelle les règles seraient plus souples. La Chambre des Lords, elle, propose une période de qualification de six mois, alignée sur les pratiques de pays comme l’Allemagne et la Suède. Ces pays offrent aux employeurs une certaine flexibilité pendant cette période, à condition que le licenciement ne soit pas discriminatoire ou abusif.

Les employeurs britanniques utilisent généralement une période d’essai de trois à six mois pour évaluer les performances de leurs employés. Ils peuvent également profiter de cette période pour clarifier les attentes et les responsabilités du poste. Une période d’attente de six mois avant l’application intégrale des droits contre le licenciement abusif serait donc plus conforme aux pratiques actuelles, même si elle s’éloigne de la promesse électorale du gouvernement.

Un autre sujet de désaccord porte sur les garanties d’heures (GHO) pour les travailleurs à zéro heure ou à faible horaire. La Chambre des Lords a proposé d’imposer une obligation d’information aux employeurs, qui devraient informer leurs employés de leur droit à des heures garanties. Les travailleurs auraient ensuite le droit de refuser cette offre et de ne plus recevoir de propositions d’heures à l’avenir. Les Lords insistent également sur la nécessité de tenir compte des spécificités du travail saisonnier lors de l’élaboration des réglementations relatives aux GHO.

Enfin, la Chambre des Lords continue de défendre deux positions concernant les syndicats : l’adhésion à un fonds politique syndical devrait rester facultative, et les votes pour les actions revendicatives devraient toujours être soumis à un seuil de participation de 50 % pour être valides.

Un amendement plus anecdotique, mais mentionné pour être exhaustif, concerne les chemins de fer patrimoniaux. Les Lords souhaitent que les organismes gouvernementaux publient des directives concernant les enfants travaillant sur ces lignes.

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