Publié le 16 mai 2024 à 18h30. La Juventus Turin mise sur l’expérience de Luciano Spalletti pour retrouver de la stabilité et ambitionner un retour au sommet de la Serie A, après une saison tumultueuse et un échec retentissant de la Nazionale au Mondial-2026.
- Luciano Spalletti a été nommé entraîneur de la Juventus Turin, succédant à Igor Tudor.
- Son contrat court jusqu’en juin 2026, avec une prolongation automatique en cas de qualification pour la Ligue des champions.
- Spalletti arrive après un passage difficile à la tête de la sélection italienne, marqué par l’élimination précoce à l’Euro 2024.
L’arrivée de Luciano Spalletti sur le banc de la Juventus marque un nouveau chapitre pour le club piémontais, en quête de stabilité après une succession rapide d’entraîneurs. À 66 ans, l’ancien sélectionneur de l’Italie, limogé en juin suite à une défaite cuisante face à la Norvège (3-0) qui a compromis les espoirs de qualification de la Squadra Azzurra pour le Mondial-2026, a rapidement rebondi en acceptant le défi de relancer la “Vieille Dame”, actuellement septième de Serie A, à six points du leader.
La Juventus a officialisé la nomination dans un communiqué, précisant que le technicien toscan a signé un contrat jusqu’au 30 juin 2026. Selon la presse italienne, ce contrat prévoit une prolongation automatique de deux saisons si le club parvient à se qualifier pour la prochaine édition de la Ligue des champions.
Si les premiers mots de Spalletti en tant qu’entraîneur de la Juventus sont attendus lors de sa présentation officielle vendredi, son approche et sa philosophie de jeu sont déjà bien connues. L’ancien entraîneur de Naples, de l’AS Rome et de l’Inter Milan est réputé pour son autorité et son jeu de possession, même s’il n’est pas toujours spectaculaire.
Une blessure encore vive
L’échec avec la Nazionale reste une cicatrice profonde pour Spalletti. Il n’a toujours pas digéré cette expérience, qu’il qualifie de « la douleur la plus vive » de sa carrière, une « cicatrice » qu’il n’oubliera « jamais ». Appelé en urgence pour succéder à Roberto Mancini en août 2023, Spalletti n’a pas réussi à imposer sa vision et a vu son avenir compromis dès l’Euro 2024, où l’Italie, tenante du titre, a été éliminée en huitièmes de finale face à la Suisse (2-1).
Son bilan décevant à la tête de la sélection italienne (12 victoires, 6 nuls et 6 défaites) et sa gestion parfois abrasive du vestiaire ont terni son image. Pourtant, Spalletti est un entraîneur expérimenté, fort de 559 matchs de Serie A et 67 rencontres de Ligue des champions sur les bancs de l’Udinese (2002-2005), de l’AS Rome (2005-2009 et 2016-2017), de l’Inter Milan (2017-2019) et de Naples (2021-2023).
Il est surtout celui qui a offert un troisième scudetto aux supporters napolitains en 2023, après 1987 et 1990, dominant la Serie A de la tête et des épaules.
Une Juventus en crise
La tâche de Spalletti s’annonce ardue. La Juventus traverse une période de turbulences, illustrée par une série de quatre matchs consécutifs sans marquer, une première depuis 1991. Le club, autrefois dominant, est désormais éclipsé par l’Inter Milan et Naples, et souffre d’une instabilité chronique sur le banc de touche – Spalletti étant le sixième entraîneur depuis mai 2024.
La situation financière du club est également préoccupante, avec des pertes de 58 millions d’euros enregistrées en 2024-2025, sans oublier les scandales et les affaires qui ont conduit à son exclusion des compétitions européennes en 2023-2024. Son dernier titre de champion d’Italie remonte à 2020, et son dernier trophée à 2024 avec la Coupe d’Italie. La Ligue des champions, elle, n’a plus vu la Juventus briller depuis la finale perdue en 2017 contre le Real Madrid.
Le mercato ambitieux du club, avec 130 millions d’euros dépensés, n’a pas encore porté ses fruits, Edon Zhegrova, Loïs Openda et Jonathan David peinant à s’intégrer. Spalletti devra également convaincre les supporters de la Juventus, dont beaucoup auraient préféré la nomination de Raffaele Palladino, remarqué pour son travail à Monza et à la Fiorentina.
