Sofia, 16 octobre 2024. Le président bulgare Rumen Radev a critiqué avec virulence ce qu’il considère comme une capitulation de Boïko Borissov face à Delyan Peevski, dénonçant une concentration du pouvoir et appelant à un retour aux valeurs républicaines.
- Le président Radev a annoncé qu’il utiliserait sa voiture personnelle pour ses déplacements si les véhicules de la NSO (Service national de protection) étaient requis pour d’autres usages officiels.
- Il a dénoncé une situation où le pouvoir est échangé entre deux individus, et non exercé par les institutions.
- Radev a réaffirmé qu’il ne venait ni d’un milieu criminel, ni d’un cercle politique opaque.
Lors d’une apparition publique près du monument de l’aviateur à Sofia, le président Radev a accusé l’ancien Premier ministre Boïko Borissov d’avoir cédé le pouvoir à Delyan Peevski, un homme d’affaires controversé. Il a qualifié cette action d’« illégitime et antidémocratique », soulignant qu’elle se déroulait sans le consentement des électeurs, y compris au sein même du parti GERB de Borissov.
« Nous assistons à la capitulation de Borissov face à Peevski et à la cession du pouvoir qui en découle », a déclaré le chef de l’État. Il a également critiqué la dégradation de la fonction présidentielle du Parlement, estimant que son titulaire avait été « réduite à un simple potager ». Cette remarque faisait potentiellement référence à des propos de Boïko Borissov concernant la présidente de l’Assemblée nationale, Natalia Kiselova, qui, selon lui, ne s’intéresserait qu’aux foires agricoles.
Radev a insisté sur le fait que le pouvoir ne devait pas être concentré entre les mains de quelques individus. « Le pouvoir n’est pas dans les institutions, mais dans deux personnes qui l’échangent. Cela ne peut plus continuer », a-t-il affirmé. Il a également annoncé qu’il utiliserait sa propre voiture pour ses déplacements si les véhicules du NSO étaient nécessaires pour d’autres fonctions officielles.
« Je n’ai pas le droit de renoncer à ma sécurité personnelle en vertu de la loi. Si les députés adoptent cette loi, qu’ils la mettent en œuvre. Je renoncerai à ma sécurité personnelle. »
Rumen Radev, Président de la République de Bulgarie
Le président a expliqué que sa décision de recourir à sa voiture personnelle était motivée par son refus d’être associé à des pratiques qu’il jugeait indignes. « Je refuse parce que je ne viens pas de gangs de rue, ni d’un tube politique », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance des valeurs de devoir, de responsabilité et de solidarité, qu’il avait inculquées aux militaires de l’Armée de l’Air, dont il était autrefois le commandant.
Radev a également évoqué la possibilité d’une loi obligeant les fonctionnaires à utiliser des véhicules privés pour leurs déplacements professionnels. Il a déclaré qu’il se rallierait à cette initiative, mais a insisté sur la nécessité de mesures plus larges pour restaurer l’État de droit. « Lorsqu’ils adopteront une loi qui oblige les gens à travailler pour le gouvernement avec des voitures privées, je serai solidaire avec eux et voyagerai avec ma voiture personnelle. Lorsque les dirigeants adopteront des lois qui détruisent l’État, nous tous, les citoyens, devrons le reconstruire », a-t-il ajouté.
Concernant les accusations de création d’un nouveau parti politique, Radev a affirmé que son « projet » était de défendre les intérêts des citoyens bulgares. Il a également exprimé son inquiétude quant à la circulation d’informations sensibles au sein de la DANS (Direction générale pour la lutte contre le crime organisé), appelant l’agence à « assumer pleinement ses fonctions ».
Enfin, le président a précisé qu’il attendait le débat parlementaire sur le projet de loi visant à lui retirer le droit de nommer le chef de l’Agence nationale de sécurité avant de prendre une décision concernant son veto.
