Home NouvellesRUPTURE| La Cour suprême refuse la libération sous caution d’Umar Khalid et de Sharjeel Imam ; Accorde la libération sous caution à 5 autres personnes lors des émeutes de Delhi dans une affaire de complot plus importante

RUPTURE| La Cour suprême refuse la libération sous caution d’Umar Khalid et de Sharjeel Imam ; Accorde la libération sous caution à 5 autres personnes lors des émeutes de Delhi dans une affaire de complot plus importante

by Nicolas Lefèvre

Publié le 5 janvier 2026. La Cour suprême indienne a rejeté ce vendredi les demandes de libération sous caution d’Umar Khalid et de Sharjeel Imam, accusés d’avoir fomenté les émeutes de Delhi en 2020, tout en ordonnant la libération sous caution de plusieurs autres prévenus dans cette affaire.

  • Umar Khalid et Sharjeel Imam restent en détention, la Cour estimant qu’il existe des preuves accablantes à leur encontre.
  • Gulfisha Fatima, Meera Haider, Shifa Ur Rehman, Mohd. Saleem Khan et Shadab Ahmed ont obtenu leur libération sous caution.
  • La Cour a précisé que Khalid et Imam pourront renouveler leur demande de libération sous caution après l’interrogatoire de témoins protégés ou dans un an.

La Cour suprême a rendu son verdict après avoir examiné les requêtes de plusieurs accusés dans le cadre de l’affaire dite du « complot plus large » lié aux violences qui ont secoué Delhi en février 2020. Elle a souligné que les éléments présentés par l’accusation révélaient un « rôle central et formateur » pour Khalid et Imam, ainsi qu’une « implication au niveau de la planification, de la mobilisation et de l’orientation stratégique » dépassant les simples actes localisés.

Selon la Cour, le seuil fixé par l’article 43D(5) de la loi sur les activités illégales (prévention) – UAPA (Unlawful Activities (Prevention) Act) – est bien respecté, et le maintien de la détention ne contrevient pas aux dispositions légales. Elle a insisté sur le fait qu’elle avait analysé le rôle de chaque accusé de manière indépendante, évitant une approche collective.

Pour les accusés bénéficiant d’une libération sous caution, la Cour a imposé douze conditions strictes, dont le non-respect entraînerait la révocation de la mesure. Elle a également demandé au tribunal de première instance d’accélérer la procédure.

Le juge Aravind Kumar, en prononçant le jugement, a rappelé que les retards dans les procédures judiciaires ne peuvent pas automatiquement justifier une libération sous caution dans le cadre de l’UAPA. Il a toutefois précisé que l’article 43D(5) de cette loi ne prohibe pas totalement un examen judiciaire pour déterminer l’existence de preuves *prima facie* (en l’espèce, des preuves apparentes). L’enquête judiciaire, a-t-il souligné, est spécifique à chaque accusé et ne doit pas être influencée par les arguments de la défense au stade de la mise en liberté sous caution.

La Cour a également estimé que l’article 15 de l’UAPA, qui concerne les actes terroristes, ne doit pas être interprété de manière restrictive, se limitant aux actes de violence physique. Cette disposition englobe également les actions qui perturbent les services essentiels et menacent l’économie.

La Cour a enfin constaté que tous les accusés ne se trouvent pas dans la même situation, leurs rôles respectifs étant différents. Elle a averti qu’un traitement uniforme de tous les prévenus pourrait conduire à des détentions préventives injustifiées. Umar Khalid et Sharjeel Imam, en particulier, se trouvent dans une situation qualitativement différente par rapport aux autres accusés.

Les demandes de libération sous caution ont été examinées par un tribunal composé des juges Aravind Kumar et NV Anjaria, qui avait réservé son jugement le 10 décembre. Ces requêtes faisaient suite à une décision de la Haute Cour de Delhi, rendue en décembre 2025, qui avait refusé leur libération sous caution. Ils sont en détention depuis plus de cinq ans, accusés d’infractions graves à l’UAPA et au Code pénal indien.

Les avocats Kapil Sibal (pour Umar Khalid), Abhishek Manu Singhvi (pour Gulfisha Fatima), Siddharth Dave (pour Sharjeel Imam), Salman Khurshid (pour Shifa Ur Rehman), Siddharth Agarwal (pour Meera Haider), Siddharth Luthra (pour Shadab Ahmed) et Gautam Kazhanchi (pour le docteur Saleem Khan) ont représenté les requérants. Le Solicitor General de l’Inde, Tushar Mehta, et l’Additional Solicitor General, SV Raju, ont plaidé pour la police de Delhi.

Les requêtes de congé spécial sont fondées sur le jugement du 2 septembre de la Haute Cour de Delhi. Les requérants, des étudiants militants impliqués dans l’organisation de manifestations contre la loi sur la citoyenneté en 2019-2020, sont accusés d’avoir orchestré le « complot plus large » à l’origine des émeutes communautaires qui ont éclaté dans la capitale nationale à la fin février 2020. Parmi les autres accusés figurent Tahir Hussein, Khalid Saifi, Isharat Jahan, Asif Iqbal Tanha (libéré sous caution en 2021), Shadab Ahmed, Tasleem Ahmed, Saleem Malik, Athar Khan, Safoora Zargar (libérée sous caution pour des raisons humanitaires en raison de sa grossesse) et Devangana Kalita et Natasha Narwal (également libérées sous caution).

1. UMAR KHALID c. ÉTAT DU NCT DE DELHI | SLP (Crl) n° 14165/2025

2. GULFISHA FATIMA contre ÉTAT (GOUVEAU DU NCT DE DELHI) | SLP (Crl) n° 13988/2025

3. SHARJEEL IMAM contre L’ÉTAT NCT DE DELHI | SLP (Crl) n° 14030/2025

4. MEERAN HAIDER c. L’ÉTAT NCT DE DELHI | SLP(Crl) n°/14132/2025

5. SHIFA UR REHMAN contre ÉTAT DU TERRITOIRE DE LA CAPITALE NATIONALE | SLP(Crl) No. 14859/2025

6. MOHD SALEEM KHAN contre ÉTAT DE NCT DE DELHI | SLP (Crl) n° 15335/2025

7. SHADAB AHMED contre ÉTAT DE NCT DE DELHI | SLP (Crl) n° 17055/2025

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