Publié le 2 novembre 2025 à 19h03. Lors de son passage dans l’émission « Markus Lanz », Sahra Wagenknecht a suscité une vive polémique en relativisant les motivations de Vladimir Poutine et en pointant du doigt une supposée censure des opinions dissidentes au sein des médias publics allemands.
- Sahra Wagenknecht a défendu une approche diplomatique face à la guerre en Ukraine, critiquant l’expansion de l’OTAN et appelant à éviter une escalade du conflit.
- Elle a accusé les médias publics allemands de supprimer délibérément des opinions comme celles de son parti, le BSW (Bundnis Sahra Wagenknecht).
- Des échanges tendus ont opposé Wagenknecht à Markus Lanz et à l’activiste russe Maria Aliokhina, qui a dénoncé la rhétorique pro-Kremlin.
La présidente du BSW a une fois de plus fait des vagues en remettant en question la politique allemande vis-à-vis de l’Ukraine. Wagenknecht estime que l’Allemagne et l’Europe devraient privilégier la voie du dialogue pour désamorcer les tensions, plutôt que de soutenir une escalade militaire. Elle a notamment critiqué l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) vers l’est, la considérant comme un facteur aggravant le conflit.
Elle a déclaré : « Je ne veux pas qu’on nous incite à une guerre avec la Russie. Je ne veux pas que ces tensions s’aggravent encore et j’y vois un grand danger. » L’experte militaire Carlo Masala a immédiatement réagi, soulignant que tous les acteurs, à l’exception de la Russie, sont ouverts à un cessez-le-feu. Il a précisé : « Il n’y a qu’un seul obstacle dans cette guerre, et c’est la Russie. »
Wagenknecht a également dénoncé ce qu’elle perçoit comme une censure des opinions dissidentes au sein des médias publics allemands. Elle a affirmé que le BSW est systématiquement exclu des débats télévisés et que la diversité des points de vue est restreinte. Elle a déclaré que son parti n’a été invité qu’à trois talk-shows publics depuis les élections fédérales.
Ces accusations ont provoqué une vive réaction de Markus Lanz, qui a accusé Wagenknecht de se victimiser. L’échange a dégénéré, Lanz reprochant à Wagenknecht de minimiser la gravité de la situation en Ukraine et de s’attaquer aux médias publics sans fondement.
L’activiste russe Maria Aliokhina, également invitée de l’émission, a apporté un témoignage poignant. Elle a dénoncé la rhétorique de Wagenknecht, la comparant à la propagande diffusée par les chaînes de télévision russes.
« Ils répètent presque mot pour mot exactement ce qui est entendu en Russie par les chaînes de propagande. »
Maria Aliokhina, activiste russe
Aliokhina a rappelé qu’elle avait passé deux ans dans un goulag pour avoir critiqué le régime russe. Elle a conclu : « Nous sommes tous venus dire la vérité. La vérité qui est si sévèrement punie en Russie. »
Markus Lanz, visiblement ému par le témoignage d’Aliokhina, a évoqué des rencontres avec de jeunes Russes à Saint-Pétersbourg en 2018, rêvant d’une Russie meilleure. Il s’est interrogé sur leur sort actuel.
La discussion a également porté sur la situation des libertés publiques en Allemagne. Wagenknecht a exprimé son inquiétude face à une augmentation des pressions et des intimidations, citant des perquisitions à domicile liées à des publications controversées. Elle a mis en garde contre une tendance à la répression qui, selon elle, est dangereuse.
Lanz a répliqué avec véhémence, estimant que les préoccupations de Wagenknecht étaient déplacées au regard des témoignages entendus précédemment. Il a conclu l’émission sur une note tendue, accusant Wagenknecht d’alimenter une « guerre culturelle ».
L’émission a mis en lumière les profondes divisions qui traversent la société allemande sur la question de l’Ukraine et la place de la Russie dans le paysage géopolitique européen.
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